Réveiller l’eau qui dort ?

Point de mire du 21 septembre 2016

Réveiller l’eau qui dort ?

Toujours cette velléité maladive d’avoir prise sur tout. Une main mise quasi-stalinienne d’une autre époque qui commence à peser de plus en plus sur la société malagasy. On la sent sans que l’on s’en offusque outre mesure dans les différentes couches de la population, subrepticement « la main » se tend et s’étends irrémédiablement au-dessus de nos têtes telle une pieuvre qui déploie ses tentacules, une hydre qui sera là à perpétuité au train où vont les choses !
Mais quoiqu’il en soit la vie semble suivre son cours comme à l’accoutumée malgré les soubresauts d’une ou plusieurs franges de la population écœurées par les turpitudes des sbires de l’hydre malagasy. Les faits qui devraient être saillants tombent inexorablement dans le carcan de la banalité à force ! Ainsi ces litiges entre la commune urbaine de la capitale, un privé et l’Etat n’émeut plus personne, tout le monde se perdent en conjectures et pour cause : un mélimélo de procédures inextricables difficilement accessible aux communs des mortels s’y rattache ! Autant laisser le temps au temps, attendre et voir, un « wait and see » de plus…
Dans une autre mesure, jouer avec le feu ne fait plus peur, titiller un foyer ardent, un jeu d’enfant dont certains sont passés maître ? Aucune entité n’ose émettre son avis concernant le litige au sein de la communauté musulmane, un sujet toujours sensible partout dans le monde, avec la tentative, encore une fois, de supplanter une structure déjà établie pour en prendre le contrôle. Litige déjà remis entre les mains de la justice (oui, il y en a qui y croie et qui s’y remet encore !) mais qui n’a pas pu empêcher les antagonistes à se livrer à une « bataille de rue » jusqu’à en venir aux mains, surenchère d’agressions verbales qui a basculé facilement vers des agressions physiques. Mais quel intérêt y-a-t-il à semer le trouble là où tout semble se la couler douce ? Mystère et boule de gomme ! A force d’habitude, certains tombent dans la démesure allant jusqu’à réveiller l’eau qui dort… Démesure car il serait puérile de croire que pareils mésententes puissent en rester là, après ces voies de fait dont ont été témoin la population via les retransmissions des médias privés. Loin de l’idée de dramatiser un fait (divers), il ne faut pas écarter de l’esprit qu’il n’y qu’un pas pour pousser les gens vers la violence.

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Bien sûr ; le gouvernement a fait un sursaut de protection ou de vigilance, allez savoir pourquoi, en procédant à l’expulsion de dix imams barbus, venus direct du Pakistan, qui se sont incrustés dans les mosquées et autres écoles coraniques de Vohipeno et Manakara pour y enseigner le « tabligh », une prédication très prosélyte prônant une application ultra-rigoriste et littérale de l’Islam. Mais tout de même, la main de l’hydre qui semble mettre son grain de sel dans la vie de la communauté musulmane semble un tantinet suspect …
Quoiqu’il en soit, les faits saillants qui s’égrènent dans la vie quotidienne malagasy ne manquent pas d’attirer l’attention des différents observateurs de la vie politique malagasy sans toutefois pouvoir soulever le moindre holà de leur part. Nombreux sont les fait qui en offusquent plus d’un mais qui tombent finalement dans la banalité. Tout est d’une platitude désarmante, certains frappant aux mauvais endroits, polémiquant là où il aurait fallu plus d’action, tout le monde se complaisant encore dans cette mare gluante qu’est le « moramora » nationale. Que l’on ne s’étonne plus alors , qu’ à force, l’eau qui dort nous noie en un éclair.

Alf Raza

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