Far far away

Point de Mire du 15 septembre 2016

Far far away

Dans un des ces dessins animés à succès, dont seul DreamWorks Pictures a le secret ; qui a marqué l’imaginaire des grands et des petits ces dernières années, on voyait un âne qui faisait une de ces entrées bruyantes dans le fameux pays « Fort, fort lointain » (Far far away) avec les yeux qui sont près de sortir de leurs globes à force d’émerveillement ; une entrée genre « bushman » entrant pour la première fois en ville. Et à lui de s’étonner et de s’émerveiller des scintillements de la ville ! Il faut croire que les lumières et les grands boulevards, les gratte-ciels et les grands palais ne sont point d’un commun dans le « bush » ! Jusqu’à une certaine proportion, on pourrait comprendre que les apparats d’une grande ville moderne puisse donner l’eau à la bouche à plus d’un « bushman » jusqu’à en baver, de quoi le faire débiter des âneries à la pelle rien qu’en y pensant.
Telle une luciole qui se perd dans l’immensité d’une cité en lumière le soir, ne sachant trop à quoi se donner la tête, certains « nouveaux » politiciens tombés dans l’exécutif par « inadvertance », peut-être, pêchent par leur crédulité naïve une fois sorti de leur « cocon ». Et l’on ne s’étonne plus, effet DreamWorks oblige, que des gens importants du pays nous débitent des verbiages digne des années 70, classant encore les pays voisins africains dans la catégorie des sous-développés alors que… La Grande Ile de par son insularité est toujours loin d’être en phase avec le reste du monde, toujours à se croire être le nombril du monde, ou du moins de l’Afrique … à moins que ce soit de l’Océan Indien …ou des îles à l’est de l’Afrique… ? Enfin, bref, on se comprend ! Bon nombre de nos jeunes, et des moins jeunes aussi d’ailleurs, se sont fait greffer cette tare indélébile qui plombe à longueur d’année les volontés de développement et de croissance de cette île qu’est la notre : le nombrilisme exacerbé ! L’accès à l’autoroute de l’information qu’est l’internet n’a pas pu donner l’éclair de lucidité qui aurait pu secouer la poussière des habits de nos compatriotes malagasy trop imbu d’eux même.
Comment peut-on encore ânonner en ce début du troisième millénaire des propos digne des années yéyés pour endormir le (petit) peuple malagasy, de quoi penser que certains ont comme livres de chevet des manuels piochés chez les bouquinistes d’Ambohijatovo, des abrégés politiques de l’ère Brejnev, à moins que ce ne soient des guides inédits de « 101 idées soporifiques » pour endormir l’auditoire, des lexiques sortis des greniers des écoles du défunt URSS.
Car comment expliquer l’inexplicable culot de nos dirigeants pour endormir le peuple malagasy en leur faisant croire qu’on est loin d’être à la traîne par rapport aux « autres » alors qu’on est , malheureusement, loin , bien loin derrière nos colistiers ! Eh oui, colistiers dans ce fumeux classement des pays les « moins avancées » ! La dernière visite en pays membre de la SADC fut surement le choc de leur vie pour ces visiteurs venus de l’île Rouge. Les autoroutes, les ors des palais, en un mot l’avancée visible du Swaziland en a bouché un coin à notre délégation, de la poudre aux yeux peut-être mais qui en a secoué plus d’un. Nourri du stéréotype occidental à la « Tintin au Congo », grande fut leur surprise en mettant pied dans ce pays, pays qui est non moins classé parmi les « en retard ». Alors, nous, pauvres malagasy, où nous en sommes vraiment ? Car à pédaler près des traînards, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on se retrouver dans le peloton de …queue !

Alf Raza

swazi-sadc

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