Plutôt soft comme discours !

Point de mire du 10 janvier 2013

La question restera donc entière : ce n’est encore le moment de savoir si oui ou non le président de la transition compte entrer en lice lors des présidentielles de mai 2013. Le discours d’hier au Palais d’Etat d’Iavoloha a été on ne peut plus explicite, personne ne pourra obliger l’homme fort de la transition de faire ce qu’il veut, surtout pas des « étrangers » qui comptent mettre la pression sur ses démarches. En tout cas, le suspense tient toujours quant à la candidature ou non du leader de la transition, quoiqu’on en dise, et Andry Nirina Rajoelina est bein décidé à ne pas se laisser faire tout en renvoyant les petits curieux au rendez-vous des urnes car selon lui « le choix d’élire son dirigeant appartient au peuple ».

Mais on a surtout vu hier dans leurs discours respectifs une vraie différence de verbiage et une discordance manifeste entre le président de la transition et le chef de l’exécutif. Le premier ministre de la Transition, ainsi que le président du Congrès aussi d’ailleurs, ont fermement soutenu que Madagascar ne peut se passer de la Communauté internationale pour la résolution de la crise ; assertion carrément à l’opposée de ce le président de la Transition a martelé dans son discours : aucune intervention étrangère n’est nécessaire pour pouvoir sortir de cette crise. Qui a le vrai qui a le faux ? En fait, pareil propos ne pourrait étonner vu l’antagonisme certain entre ces différents intervenants suscités.

Avec de pareille topographie, on se demande si la réunion du Comité ministériel de la Troïka de la SADC qui s’est tenue hier en Tanzanie portant dans son ordre de jour la situation politique à Madagascar soit encore nécessaire. D’autant qu’aujourd’hui au Sommet de l’Organe de la Troïka de la SADC c’est encore remis sur le tapis.

En tout cas, la tenue des élections en mai prochain semble bien inéluctable, n’en déplaise aux sceptiques, et ce malgré les divers couacs par-ci par-là. D’ailleurs, rare sont ceux qui s’étonne du fait qu’à quelques mois des élections présidentielles, la constitution d’un organe comme le Comité de Réconciliation Nationale ne soit pas encore effective. D’autant que selon la fameuse feuille de route, ce dernier est chargé d’instruire les dossiers de l’amnistie. Une autre paire de manche en perspective ! Avec une note d’optimisme pourtant, si ça s’avérait exact, la Commission Électorale Nationale Indépendante, via sa présidente, affirme que le taux d’enregistrement des listes électorales atteint aujourd’hui les 90%, avec un taux d’exactitude de l’ordre de 97%. On fonce tout droit vers les élections à ce rythme là.

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