Mimétisme diriez-vous ?

Point de mire du 07 janvier 2013

On a beau crier sur tous les toits que la Grande île est à la traîne mais qu’on le veuille ou non, elle prend tout de même une position de figure de proue pour l’Afrique depuis quelques temps. Les « révolutions » et autres renversements de régimes, qu’on les appelle « printemps arabe » ou autre, on les a connu depuis bien longtemps dans l’île. Les périodes transitoires, la Grande île en a connu une flopée depuis qu’elle a recouvert son indépendance. Les élections biseautées, elle en a connu des masses, pareil pour les mouvements de rues et les contestations de résultats d’élections. Idem pour ces sursauts militaires, avortés ou réussis, qui ont caractérisé bien malgré eux les pays africains. Mais là où le mimétisme semble presque parfait c’est dans la propension de ses dirigeants à acquérir des aéronefs pour leur besoin personnel. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre qu’en Tunisie, où la révolution du printemps arabe a balayé son dirigeant de longue date Ben Ali, ce dernier se soit permis d’avoir un Boeing 737-700 à disposition. Mais le plus frappant est qu’en sus du Boeing 737-700, le Sieur Ben Ali se soit également payé le luxe d’acquérir un Airbus A 340-500 avec un aménagement VIP ! Excusez du peu !
Eh bien, tout ce petit lot va suivre le sort du fameux Air Force One II dont on a pu finalement pu se débarrasser, avec pas mal de malus mais au moins il n’encombrera plus le tarmac d’Ivato. Pour sa part, le B737-700 du président déchu tunisien trouvera acquéreur semble-t-il ce mois-ci. Pour ceux friands de détail, cet appareil est actuellement exposé à Dubaï, et sa valeur d’acquisition a été estimée à 26 millions d’euros ; tandis que le second, l’A 340-500, il est actuellement parqué sur l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. La dernière offre faite en septembre 2012, a été 122 millions d’euros, offre qui n’a pas été suivi d’achat.

avion-ben-ali

Comparaison mise à part, on se rend tout de même compte qu’ailleurs la gestion de la cession de ces appareils a été confiée (rationnellement ?) à leur compagnie aérienne nationale, Tunisair qui, une fois les ventes conclues, verront les fonds récoltés servir à moderniser la flotte de la compagnie aérienne nationale tunisienne, Tunisair qui n’a pas échappé à la crise du secteur aérien, avec une perte de 35 millions d’euros au premier semestre 2012, et qui est soumise à un plan d’économies de 113 millions d’euros d’ici 2015, incluant une réorganisation du travail et une réduction de sa masse salariale avec un chiffre hallucinant de 1 700 licenciements d’ici 2014. Autre pays autre mœurs diront les « éclairés » de l’administration…

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