On n’arrivera donc jamais à balayer tout seul sur cette île ?

Point de mire du 14 décembre 2012

Décidément, même pour faire le ménage on a besoin de recourir à des « mains » étrangères. A la lecture d’un communiqué de l’ambassade de France à Madagascar, on s’offusquerait d’apprendre que des techniciens en procédures criminelles ont été dépêchés dans la Grande île la semaine dernière avec pour mission de trouver des solutions pour mettre un terme aux enlèvements de ressortissants français qui se sont succédés à un rythme inquiétant dans l’île : «La France ne peut pas accepter ce phénomène et il faut que cela cesse »(Sic).La chancellerie française écrit par ailleurs sur son site « La République française est vivement préoccupée par ce phénomène. C’est pourquoi son gouvernement a dépêché la semaine dernière une mission d’expertise, chargée d’identifier, avec le concours des ministères compétents à Madagascar, les voies et les moyens afin de mettre un terme définitif à cette situation » (Sic). Eh bien, voilà un fait qui ne devrait pas passer inaperçu tellement c’est rageant de constater que ceux en charge veiller à ce que de pareil phénomène ne se produise pas sont considéré comme incapable d’œuvrer dans ce sens par des entités étrangères pour ne pas dire par un pays étranger. Reste à savoir si la « mission d’expertise » se cantonnera à de simple expertise sans pousser le bouchon jusqu’à subordonner les actions des enquêteurs locaux, ou de supplanter les actions des forces de sécurité de la Grande île, ce serait d’un malséant mais alors…
Apparemment, le volet sécurité est plus qu’une grosse épine au pied du pouvoir actuel. Quand les agences des banques locales continuent à se faire attaquer tel le cas lors du braquage de la BOA Mahanoro au cours duquel une somme astronomique de plus de 700 millions Ariary s’est fait la malle avec les bandits. Comme d’habitude, car ça devient une habitude à force, les banques de la Grande île comptent procéder à une fermeture de toutes les agences des banques à Madagascar en signe de solidarité et de protestation contre l’insécurité qui gagne de plus en plus de terrain les mettant en situation de danger continuel.

BOA

Mais tout ceci ne peut occulter la décision de Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, à ne pas être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2013. Sans être fin politicien, on comprendra que c’est là une tentative, indirecte, de forcer la main à Andry Rajoelina, président de la transition à procéder de même.L’ancien président Marc Ravalomanana a tout de même tenté de justifier sa décision par sa volonté « d’appliquer l’esprit et la lettre de la feuille de route de la SADC pour Madagascar adoptée au sommet de Maputo ». Un coup d’apaisement afin de monnayer son retour dans la Grande île à ne pas s’y méprendre, un coup de bluff diront ses adversaires, un coup inattendu en tout cas pour l’ensemble de la population malagasy.

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