Allez, « allée », alea jacta est

Point de mire du 29 novembre 2012

Il faut bien le reconnaitre, l’allée des baobabs a tout de même pris un sacré coup en cette saison où le secteur touristique s’échine à attirer les touristes. En tout cas le buzz sur le net concernant cet acte de vandalisme – autant ne pas se voiler la face le feu n’aurait pas pris sans que quelqu’un l’ait allumé – n’a pu laisser indifférent bien longtemps le pouvoir en place: des journalistes accompagnant une délégation ministérielle se sont déplacé à Bekonazy pour constater de visu l’étendue des dégâts. L’incendie a parait-il endommagé une surface assez conséquente tournant autour de dizaine d’hectare autour de cette célèbre allée de baobabs, selon la Direction de l’environnement et de la forêt. Apparemment, d’après la directrice régionale de l’environnement et de la forêt de Menabe, Josette Eveline Rakotoarimanana, les grands baobabs n’ont pas trop souffert de l’incendie, par contre les jeunes baobabs qui ont été planté en avril ont été détruits à 40%. Il faut bien se rendre à l’évidence, l’Allée des baobabs qui est une des étapes incontournables des circuits touristiques de l’île a cramé quel que soit la surface endommagée, écornant le capital touristique en dévaluant l’intérêt qu’on pourrait y accorder, quand bien même les six variétés endémiques sur les huit variétés recensées dans le monde soient dans l’île.

allée des baobabs2
En produit « endémique », la Grande île en connait un rayon, même cette « transition » qui se tire et s’étire. Au fait, Louis Michel, co-président à l’assemblée parlementaire partiaire ACP / UE a été on le peut plus clair au sujet es futures élections tant attendues : des élections libres, crédibles et démocratiques à Madagascar qui ne se feront pas sauf si « …la neutralité de la transition politique, le retour des exilés, et la participation de tous à l’élection présidentielle seront garanties ». Il a ainsi exhorté la SADC à « prendre toutes les mesures nécessaires »y compris le « recours aux sanctions », pour une application intégrale de la feuille de route.

Un avis qui ne doit pas convenir à la partie malagasy, le premier ministre Omer Beriziky ayant lancé des critiques en direction de la SADC sur sa démarche dans le processus de sortie de crise, trop de tergiversation de la SADC apparemment, avec « beaucoup d’occasions ont été manquées pour prendre une décision »(Sic). En tout cas, il est prévu pour la Troïka de la SADC de se réunir début décembre pour voir ce qu’il en est du dossier de la Grande île. La « pomme de la discorde réside en fait sur l’application effective, ou non, de la fameuse feuille de route de toutes les controverses.
D’ailleurs, comment peut-on se prévaloir d’arriver à appliquer stricto sensu cette feuille de route alors que partout des grèves se font et se défont au grès du …vent ? Même au sein de la justice rien ne va avec cette grève mené par le syndicat des greffiers qui se voit appuyée par le syndicat des magistrats ainsi que le syndicat du personnel de l’administration pénitentiaire. Un pays sans appareil judiciaire fonctionnel pourrait-il avancer vers quelque chose de concret, surtout avec une épée de Damoclès qu’est la feuille de route au-dessus de sa tête ?

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