A chacun sa soupe de démocratie

du 20 mars 2012

Ça aurait pu passer inaperçu mais voilà, il est tout de même pertinent de le mentionner ici. Siaosi Tupou V, le roi des îles Tonga âgé de 63 ans, est mort dimanche 18 mars 2012 dans un hôpital de Hong-Kong. Les îles Tonga se trouvent dans le Pacifique sud, perdues à deux mille kilomètres au nord-est de la Nouvelle-Zélande. Ce roi a la particularité de n’avoir régné que durant quatre ans, et a eut au moins le mérite d’avoir fait un pas de géant car sous son règne, le Tonga est devenu une monarchie constitutionnelle. Preuve en est que la démocratie peut s’apprendre sur le tard.
Mais même ceux qui ont connu la vraie démocratie, du moins dans le concept généralisé qui a court en ce moment, rattrapent en un rien de temps les valeurs qui s’y rattachent. Ainsi l’on apprend que l’ancien pasteur Joachim Gauck a été largement élu dimanche président de la République allemande, devenant la première personnalité d’ex-RDA à occuper ce poste essentiellement honorifique.
Impensable il y a peu, au moment de la chute du mur de Berlin, l’Allemagne se retrouve maintenant avec la chancelière Angela Merkel et le président Joachim Gauck, dirigée par deux personnalités ayant tout deux vécu derrière le Rideau de fer jusqu’à sa réunification le 03 octobre 1990. Une bonne leçon de démocratie pas toujours évidente mais bonne à savoir quand même.
Et pendant ce temps là, la Syrie sombre de plus en plus dans une spirale de violence avec trois attentats qui ont fait une trentaine de morts en deux jours. Trois explosions de bombes à Damas et Alep entre samedi et dimanche. Ces opérations ont coïncidé avec l’attente de l’arrivée d’experts onusiens prévue hier lundi 19 mars. Des experts mandatés par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, à Damas, afin de négocier la mise en place d’une mission d’observation. Cette mission prévue pour une semaine, si ce n’est un peu plus, fait suite au déplacement la semaine dernière de Kofi Annan pour trouver une sortie de crise auprès de Bachar al-Assad.
Encore heureux que pour la Grande île, l’arrivée d’experts, de négociateurs ou de tout autre oiseau ne suscite aucune envolée attentiste susceptible de perpétrer des attentats. Il faut croire qu’ici, les opposants sont plus subtils dans les modes d’expression, privilégiant les messages « subliminaux » avec les pétards mouillés qui avaient tout de même pu défrayer les chroniques un temps.

Joachim Gauck

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