Les dinosaures ne meurent jamais en Afrique

du 01 FÉVRIER 2012

Incroyable qu’un homme au bord de la sénilité puisse encore prétendre être candidat à sa propre succession au pouvoir ! On ne voit ça qu’en Afrique, peut-être une tare héritée des temps anciens, du temps où les royaumes pullulaient sur le continent, nostalgie d’un pouvoir dynastique plus jamais d’actualité…Car mis à part le fait de vouloir transmettre ultérieurement le pouvoir à son fils par d’on ne sait pas trop quel artifice, on voit mal ce qui pourrait motiver ce vieux caïman d’Abdoulaye Wade à briguer coûte que coûte un autre mandat à 86 piges !
En tout cas, s’il arrive à surmonter les voies de contestation qui s’élèvent et qui soulèvent le peuple sénégalais, chiche qu’il inaugurera un nouveau style de présidence, de l’inédit : gouverner en couche culotte ! Et il n’est pas près de lâcher le morceau le vieux Monsieur, et il n’y va pas de main morte ne serait-ce que la façon on peut plus cavalière d’éliminer ses adversaires. Youssou N’dour en a fait les frais avec ce rocambolesque procédé, pour ne pas dire farfelu, d’insuffisance de signatures : à ce qu’il parait, l’artiste candidat malheureux n’a pu réunir les 10.000 signatures car 4.000 de celles réunies ont été…invalidées ! Eh bien, parti comme ça l’est, Abdoulaye Wade avance à pas de charge vers un bras de fer avec la rue, et il n’est pas sûr qu’il en sortira vainqueur. Les multiples évènements en Afrique peuvent le démontrer. D’ailleurs, la contestation de cette nouvelle candidature a déjà entraîné une spirale de violences ayant fait deux morts lundi à Podor dans le nord du Sénégal.
Décidément, l’Afrique est loin de s’assagir, car même au plus haut sommet du concert des Nations africaines, la bataille pour prendre les rennes n’est pas de tout repos avec au final le report de l’élection du président de la Commission de l’Union africaine (CUA) à juillet 2012. Comment peu-il en être autrement avec Quatre tours de scrutin ? La majorité des deux-tiers requise a été inaccessible pou Mme Dlamini-Zuma tout autant que pour Mr Jean Ping, mais ces votes ont eut le mérite de mettre en évidence les lignes de fracture entre Afrique anglophone et francophone, australe et occidentale.
Heureusement que pour les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, réunis pour le premier sommet de l’année 2012 à Addis Abeba, cela s’est passé autrement car le président béninois a été élu pour conduire l’organisation panafricaine pendant un an. Le Bénin disputait la présidence au Nigéria et au Tchad.
Il est bon de relever que le sommet s’est déroulé au nouveau siège de l’UA à Addis Abeba, d’un coût estimé à 200 millions de dollars, entièrement financé par les chinois, un cadeau pour l’Afrique en somme, pour avoir quoi en échange ? Car on sait très bien que le donnant-donnant (tout de suite ) est toujours de mise pour les « amis » chinois.

Abdoulaye Wade

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