Le poids de la tradition, une tare vers le retard

du 08 FÉVRIER 2012

Madagascar n’arrivera jamais à se défaire des spectres passé au train où vont les choses. Etonnant que dans pas mal de régions de la Grande île, les « Ampanjaka », ces descendants de roitelets de diverses localités aient encore voix au chapitre dans la vie de la société. Et dire qu’on se prétend vivre en république ! Etrange et affligeant à la fois cette dualité qui donne lieu mainte fois ces derniers temps à une gestion bicéphale des communautés et des localités. A se demander si on est encore sous un régime monarchique ou républicain ?

Dans les régions hors de la capitale, rare sont les grands projets qui arrivent à se faire sans la bénédiction de ces fameux Ampanjaka, à croire qu’ils ont un droit de préemption sur tout ce qui se passe dans leur localité voire un droit de véto que les natifs de ces régions peinent à remettre en cause.
Et pour cause ! Rien que pour Manakara, encore sous le courroux de ces roitelets, les manipulations d’opinion vont bon train pour s’aménager des « niches » d’approbation sur les grands projets en cours dans la région. On se surprend à rire des manigances que font les parties prenantes dans l’exploitation de Mainland, cette exploitation chinoise d’ilménites qui commence à faire un buzz tant les raccourcis pris ont été multiples pour commencer l’exploitation.
Comme dans d’autres régions de la Grande île, les usurpateurs ne manquent pas pour se dresser en « Ampanjaka » opportuniste vu l’attrait du respect qu’ont les gens du coin envers ces dirigeants et autres chefs traditionnels, et bien entendu, les non initiés n’y verront que du feu le cas échéant. Bien étrange ces pratiques d’un autre âge…
L’existence des rois, « Ampanjaka », et autres noblaillons à qui la population témoigne respect et obéissance est-il encore pertinent dans une république ? Ne saperaient-ils pas l’autorité de l’Etat dans les prises de décision et la gestion des affaires?
En tout cas, cette affaire Mainland où rois ou princes, qui soit dit en passant sont légions dans le coin, ont été cités et sur-sollicités pour avoir leurs bonnes grâces. Ahurissant quand on sait que même l’autorité des représentants de l’Etat est remise en cause si ce n’est foulé au pied dans ce cas de figure.
On a souvent l’impression d’être en présence d’Etats dans l’Etat, tant est que leurs autorités arrivent à supplanter celle de la République dans bien des cas. Et quand il y a conflit de cour…alors là on ne s’y retrouve plus ! Tel le cas de ces Ampanjaka à Mahajanga en mal de légitimité peut-être et qui se chamaillent à propos de « Doany »…Ou encore ces conflits meurtriers dans l’Ankarana avec les Atakarana il n’y a pas longtemps.

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