Tenir de la logorrhée, cet art (trop) bien malagasy

du 05 JANVIER 2012

Et voilà ! Pour 2012, chacun y va de son petit « effet d’annonce », anticipant d’éventuelle réaction ou s’immunisant à l’avance contre les revers possibles. Sans rien révéler de précis, l’idée est lancée sur un probable, si ce n’est inévitable, hausse des prix des carburants à la pompe dans la Grande île. Madagascar qui a connu la dernière hausse en avril 2011 se fera surement avoir en douceur avec ces préannonces par voie de presse qui préparent « moramora-ment » le grand public à cette procédure.
Avec pareil procédé, il est clair que le sens de la communication s’aiguise de plus en plus dans le pays anticipant de loin toute décision impopulaire ou surprenante, bref, l’art de faire avaler des couleuvres dans sa plus simple expression. Certains quotidiens de la capitale se sont même évertués à ânonner le possible contenu du futur discours que le président de la HAT prononcera lors des présentations de vœux des institutions… du chiqué ou du standard ? Car hormis la traditionnelle hausse de 10% des salaires, que pourrait bien-t-il contenir ? « Le salaire des fonctionnaires et employés du secteur privé, la grâce présidentielle et les perspectives socio-économiques seront abordés au cours de la cérémonie de présentation de vœux à Iavoloha » avait-on précisé quelque part. Les grandes orientations et les grandes décisions pour 2012 sont connu et archi-connu, attendu et tout le bataclan… les élections seront les priorités qu’on le veuille ou non, reste à savoir si ça va se réaliser ou pas !
Mais en parlant de cette manne de 10% sur les salaires, d’aucun se demande sur la pertinence et la réelle faisabilité de pareille mesure avec cette restriction budgétaire qu’on a déjà en main ! Le Ministère des finances, Hery Rajaonarimampianina l’ayant déclaré :« L’investissement public est revu à la baisse de 25 % par rapport à 2011. Une baisse de 5 à 15 % est aussi prévue pour le budget de fonctionnement»! Le budget 2012 étant ce qu’il est, révisé à la baisse, on a quelques difficultés à comprendre le comment du comment de la chose…En tout cas, les revendications corporatives diverses ne seront pas près de se réaliser, il vaut mieux les classer dans la rubrique des « vœux pieux ». Mais comme on a l’habitude de dire dans cette chronique, le « wait and see » s’impose…qui sait, un miracle serait toujours le bienvenu….

Hery Rajaonarimampianina

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