Tel est pris qui croyait prendre…

DU 25 JANVIER 2012

Triste réalité pour le peuple libyen, ce peuple qui a presque plébiscité les bombardements alliés supposés s’abattre sur les positions pro-Kadhafi pour appuyer la révolution mais qui n’a, au final, pas pu épargner les infrastructures déjà en place du temps de la Jamahiriya Arabe libyenne. Pour l’heure, les libyens sont loin de bénéficier des aides promises au lendemain des bombardements pour la reconstruction. Le pire c’est que le Conseil national de transition (CNT) issu de la révolution est vivement contesté par des manifestants las des embrouillaminis en tout genre en contradiction avec leurs aspirations. En tout état de cause, le vice-président Abdelhafidh Ghoga s’est vu contraint à la démission, après avoir été victime d’une agression. Il faut dire qu’ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère ces libyens !
Et chose des plus impensables, des partisans de Kadhafi ont repris du poil de la bête pour reprendre avec les armes le contrôle de la ville de Bani Walid, un ancien bastion kadhafiste au sud-ouest de Tripoli. Juste retour des choses ? Toujours est-il que les autorités libyennes de transition, la CNT, sont loin d’arriver à maitriser le mécontentement des groupements armés en Libye. Le comble pour les libyens c’est que leurs alliés d’hier, les « bombardeurs » se gardent bien d’émettre des commentaires ou de dispenser des aides pour l’instant. Apparemment, le chaos occasionné par ces « retours de manivelle » les arrangerait ? Et que dire d’ailleurs quand on est en face d’une « guerre civile » entre tribus qui se rivalisaient déjà bien avant la venue de Kadhafi et qui se sont juste défait du joug du guide libyen pour raviver de plus belle les querelles ancestrales.
Encore heureux que la grande île ait été épargnée par ces vents belliqueux du printemps arabe, ce foutu printemps de toutes les surprises et de toutes les déceptions, car les peuples issues des pays où ce vent a soufflé n’ont eut jusqu’à présent de réelle satisfaction quant à leur soif de liberté… En Egypte la mainmise de l’armée est plus que flagrante. En Libye l’armée mollassonne n’arrive pas à contenir les groupes armés. En Tunisie les salafistes tentant d’édicter leur loi et violentant des journalistes. Au Yémen la population a été prise de court avec cette loi traitre votant l’immunité d’Ali Abdallah Saleh lui permettant de partir la tête haute et de laisser la place à son vice-président qui sera candidat unique aux futures élections présidentielles du 21 février 2012, un coup de maitre qui a laissé les yéménites sur leurs derrières ! Quant à la Grande île, même si elle est située loin de ces contrées perturbées, elle se farcit à nouveau un statu quo de première qui n’est pas près de se dénouer malgré le déplacement des têtes pensantes en bisbille en terre sud africaines pour subir des remontrances et de nouvelles …directives tant honnies par une grande fange de la population mais qu’on arrive pas à se défaire !


Abdelhafidh Ghoga

Publicités