Chassez le naturel …il renvient au galop

DU 09 JANVIER 2012

Ils n’ont pas bien mis longtemps pour reprendre les vielles habitudes : prendre à contre-pied tout le monde. Tripoli et ses hommes forts, une fois bien installés, n’ont pas laissé couler beaucoup d’eau sous le pont pour se remettre en selle côté diplomatie, si on peut s’exprimer ainsi, et faire un pied de nez magistral à la dite communauté internationale principale source de leur prise de pouvoir. Mais ça, c’est dans l’air du temps, ces manières cavalières de niquer son bienfaiteur !
Mais tout de même, ils ont tapé fort les libyens ! S’offrir « le luxe » d’accueillir le soudanais Omar Hassan al Bachir, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide, accueilli par le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil lui-même à l’aéroport de Tripoli s’il vous plait ! Il fallait le faire !
Même le fait que les relations entre Khartoum et Tripoli aient été tendues sous Kadhafi, en raison du soutien de ce dernier aux rebelles du Darfour et du Sud-Soudan, le contexte actuel ne pourrait justifier cet accueil. En tout cas, preuve est faite pour la Libye : droits de l’homme et Etat de droit c’est du blabla, rien d’autre ! Et le comble c’est que ça le restera au train où vont les choses.
D’autant que le Soudan est mis au-devant de la scène quant à l’observation des droits de l’homme avec une nomination des plus controversées : un général soudanais proche du président El-Béchir à la tête des observateurs de la Ligue arabe en Syrie. Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chef des services de renseignements militaires, qui s’est démené pour empêcher les enquêtes sur les crimes contre l’humanité dans son pays est là nommé pour œuvrer en Syrie à faire la lumière sur les exactions faites par le pouvoir en place. Un loup parmi les loups en somme, les organisations militant pour le droit de l’homme n’ont eut de cesse de dénoncer cette mascarade mais en vain…
On n’en est pas à une incongruité près en ce début d’année, l’Afrique Australe aussi offre un de ces paradoxes avec ces multiples invitations de l’ANC pour son centième anniversaire, invitations qui ont été lancées à des personnalités malagasy qui par définition ont des aversions manifestes les unes contre les autres. Ainsi, le président de la HAT Rajoelina Andry Nirina qui a rejoint l’Afrique du Sud pour assister à la célébration du centenaire du parti au pouvoir, Congrès National Africain ou ANC, suite à l’ invitation du président sud-africain Jacob Zuma, ne manquera pas de se retrouver nez à nez avec son rival Marc Ravalomanana, lui aussi invité. Par ailleurs, Ratsiraka Didier a eut également une invitation, reste à savoir s’il va décliner celle-ci ou y aller également. Pour le compte de Zafy Albert, il y a un flou, on ne sait pas, mais finalement, ce que Ratsiraka Didier aurait voulu organiser au pays, moyennant 1 million de dollars, Jacob Zuma risque fort d’y parvenir à moindre frais… Une autre rencontre au sommet en perspective donc en terre Sud Af ?

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