Vindicte et passage à tabac, passages obligés ?

(DU 13 sep 2011)
La vie estudiantine dans la Grande ile devient de plus en plus compliquée, de plus en plus fastidieux. Après les frasques d’Ankatso, voilà que Barikadimy fait des siennes ne voulant pas être en reste. Cette dixième année de commémoration du 11 septembre 2011 n’a pas pu couper à son lot de violence, notamment à Toamasina dans son campus universitaire. Un campus qui fut le théâtre d’affrontement entre étudiants venant de différentes régions de l’ile : des nordistes qui ont tabassé des sud-est. A force de se chercher des poux, ça devait aboutir forcement à une bagarre qui a dégénéré en une chasse à l’homme à travers tout le campus. Pathétique comme situation, là où les mots ne suffisent plus, les poings ont pris le relais, et pire, les gourdins ont fait leurs apparitions !
C’est assez caractéristique de ce vit la population actuellement, excédée par les abus de toutes sortes qui restent impuni, les gens se liguent facilement et spontanément en milice pour perpétrer des expéditions punitives sans passer par l’autorité compétente, pas toujours disponible à prêter l’oreille aux doléances ni à bouger faute de moyen et d’effectif si ce n’est de volonté tout court, allez savoir… Pas étonnant que dans certaines régions de l’ile, le fameux et controversé « dina menavozo » puisse faire des émules tant l’exaspération commence à atteindre son paroxysme avec les exactions de toutes sortes que les forces de l’ordre n’arrivent pas à endiguer ni à sévir.
Sans pousser jusqu’à dire que c’est une réplique de la population afin de palier à la « démission » de l’Etat face aux actes des Dahalo, les Dina n’ot pas réellement leurs raisons d’être car la loi est déjà là pour tout règlementer, et proteger les faibles. Mais à force de se faire avoir par les brigands, les dina ont de plus en plus la côte, « dina menavozo », « Dinan’ny Tsimimpoly », des pactes qui se font en marge de la loi, par-dessus celle de l’Etat, une aberration qui tient pourtant la route, selon ceux qui l’appliquent, mais il est certain qu’à la longue, les débordements ne pourront plus être jugulé correctement à force d’expédition punitive sur expédition punitive. Faire impasse sur les jugements pour privilégier les jugements populaires s’apparente à un déni de l’Etat à ne pas en douter ! De là à ce des villages s’entretuent, des bourgs qui s’attaquent, des clans qui se battent… un scénario à la somalienne qui verra l’émergence de seigneurs de guerre qui se dresseraient en protecteurs d’un groupe, d’un localité, d’une région, quelle horreur !

les zébus objets de toutes les convoitises

Publicités