Coup de poker pour garder la main ?

(du 29 SEP 2011)
On peut se demander si c’est un éclair de lucidité entre deux gueules de bois ou autre chose mais avec les estimations des Nations unies à près de six millions – sur un total de 22 millions d’âmes – le nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire, on peut comprendre l’empressement non feint du « dernier » dictateur communiste de la planète à entrouvrir les portes de son pays, parmi les plus fermées au monde. Kim Jong Il, car il s’agit de lui, est en train de lancer de grandes manœuvres pour dépatouiller son pays au bord de l’étouffement sous le régime autarcique que son père lui a légué et qu’il continue à entretenir afin de la transmettre à l’un de ses fils, Kim Jong Un.
Ses tentatives de charrier des investissements dans de nouvelles zones économiques spéciales ou ZES, en suivant le modèle des ZES chinoises ont fait un flop, les ronds de jambe faites par le leader nord coréen en direction de la Chine et de la Russie n’ayant eut que des échos mitigés. Dans un scénario de marché des dupes, la Russie et la Chine se sont vu attribué les droits d’usage du port de Rajin, un point stratégique pour les trois parties, pour cinquante ans et dix ans. Chose incongrue : sur le port de Rajin, le commerce en devises étrangères est désormais autorisé, une révolution.
La relance de la construction du gazoduc du géant russe Gazprom de la Russie vers la Corée du Sud entre également dans cette opération de charme pour assurer la succession tranquille de la dynastie des Kim. Pour un coût de 6 milliards de dollars, les 150 millions de dollars (110 millions d’euros) de droits de passage annuels en Corée du Nord est plus qu’un bol d’air …frais pour le régime de Kim Jong-Il qui est près de toucher le fond aux dires des observateurs avertis.
Toujours est-il l’échec du système autarcique est démontré par la situation catastrophique dans laquelle est plongée la population nord-coréenne, affamés à cause de la pénurie de nourriture et victime de la diarrhée due à l’eau sale et le manque d’hygiène. Selon les spécialistes, « une crise infiniment plus grave risque fort d’éclater dans les six à neuf mois qui viennent » si rein n’est fait pour les aider. Depuis la fin de la guerre de Corée de 1950-1953 jusqu’à maintenant, les nord-coréens se sont repliés sur eux-mêmes sous la direction d’un régime totalitaire pour aboutir à ce qui s’y trame actuellement. Bien loin sont les temps où l’amiral Rouge avait pris ce pays comme un modèle, tout comme ses visées sur le modèle de la « Jamahiriya » des régimes qui sont en train de voler en éclats…

Kim Jong Un

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