A chacun ses mœurs

( du 06 SEP 2011)
On en voit des vertes et des pas mûres ces derniers temps. C’est surement la saison pour les ex-présidents, car il en tombe comme des mouches en moins d’un an. Il est étonnant que des ex-dirigeants se fassent choper dans des procès pas toujours à leurs avantages. Que ce soit dans les pays africains ou dans des pays occidentaux, personne ne semble être épargné. L’on se souvient des déboires du Premier ministre italien Silvio Berlusconi pour des affaires de …mœurs, à tel point que ce dernier s’est permis , en aparté, de qualifier son pays de « pays de me… » (sic) . Encore plus impressionnant, un ancien président de la République française qui se fait renvoyé en correctionnelle ! Eh oui, Jacques Chirac n’a pas pu se défaire de son affaire d’emplois fictifs dans la Ville de Paris qui remonte au début des années 1990, quand il était encore maire de cette ville : un instruit à Nanterre portant sur sept emplois et un autre à Paris sur 21 emplois. Mais malin comme ils sont, ils ont su, d’une pirouette, échapper à l’humiliante présence dans les box des accusés.
Curieusement, dans un pays plusieurs fois millénaire, l’Egypte, les procès à l’encontre de son président ne se présentent pas sous d’aussi bons auspices, loin de là. Ainsi, la troisième audience du procès d’Hosni Moubarak qui s’est ouverte lundi matin à l’Ecole de police du Caire, a vu l’ancien président Installé sur une chaise roulante, et conduit derrière les barreaux du box des prévenus. Encore que, lors des deux premières audiences, les 3 et 15 août derniers, l’ancien président, âgé de 83 ans, avait été transporté sur une civière. Alors qu’en France, l’ancien président Jacques Chirac, 78 ans, a pu adresser juste une lettre au président du tribunal, adjointe de son dossier médical, où il demande à ce que ses avocats puissent le « représenter » au procès, n’ayant plus l’entière capacité de participer au déroulement des audiences. Bien sûr, on ne peut comparer l’incomparable mais tou de même…
Peut-être que les présidents et autres dirigeants en exercice croisent les doigts en cachette pour ne pas tomber aussi bas. Les pires scenarii sont surement ceux de Saddam Hussein et de Laurent Gbagbo, et le cas de Mouammar Kadhafi n’est pas près d’être tranché jusqu’à maintenant. Ce début de troisième millénaire n’est pas une bonne saison pour les dirigeants qui ne sont pas vraiment en phase avec leur époque. Ils ne sont et ne seront pas épargnés par le jugement de leurs faits et gestes et à la moindre inadvertance, au moindre faux pas, au moindre désagrément envers leur peuple, ils le paient et le paieront cher très cher.

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