Langage des signes pour une bande de muets ?

( du 02 SEP 2011)
Un des points forts acquis par la poigne de fer- et militaire- de l’actuel Premier ministre est cet exercice fastidieux de rabattre le caquet à l’armée en lui rendant son mutisme légendaire, car durant les premiers jours de la transition, celle-ci n’avait pas toujours sa langue dans sa poche. Depuis quelques mois, la grande muette est pourtant entrée dans un mutisme exacerbant, tellement elle a habitué le public à des déclarations tonitruantes, bien qu’elles furent sans lendemain pour la plupart, noyées dans l’œuf. Une chose est sur, le président de la transition a su , dernièrement, prendre le taureau par les cornes pour arriver à pareil résultat. La « grande muette » qui se garde bien de faire le moindre communiqué pour confirmer ou infirmer les rumeurs de coups à l’encontre du pouvoir en place. Il fut un temps, des officiers avaient manifestés leurs inquiétudes sur la situation actuelle de Madagascar. Ils avaient fustigé la versatilité des plans de sortie de crise avancés par la HAT qui pêchent par le non respect du temps imparti et le flou total concernant les moyens pour y parvenir.
Il est vrai que l’insécurité associé à l’impunité caractérisée avec la corruption patente à tous les niveaux tapent sur les nerfs des malagasy, les pillages des ressources et des richesses naturelles restant impuni donnent également un sentiment de frustration sans précédent. Déjà que des inspecteurs d’Etat avaient relevé de nombreuses irrégularités, allant de prestations fictives à de faux et usage de faux, de favoritisme et délits d’initié, d’ abus de fonction, de détournements de deniers publics et de chèques-carburant et bien d’autres encore. Seulement, ces inspecteurs d’Etat se sentent impuissant. Et si eux se retrouvent dans de tel état d’esprit, où pourrait-on bien aller ?
Mais finalement, quoi qu’on puisse dire, Andry Rajoelina a tranché : lui et son gouvernement ont décidé d’embrayer la vitesse supérieure en s’avançant vers une éventuelle signature d’une Feuille de route. Il a choisi ainsi de franchir le Rubicon pour se dépatouiller de cet épineux ultimatum lancé un peu trop à la légère, à la SADC. Par contre, toujours pas de calendrier en vue, à croire que cela va se décider suivant « l’inspiration » du moment… Il faut croire que la géométrie variable des alliances politiques du moment commence à créer des pressions et des tensions diverses pas toujours réjouissantes, ces courants politiques étant par trop versatiles créant des remous et des …vagues.

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