De Canton jusqu’à la Grande Ile

Un point qui a été révélé par le premier conseiller économique et commercial de l’Ambassade de chine à Madagascar, Zhou Mangsheng : le volume, les valeur des imports-exports entre la Chine et Madagascar sont passé de 9 millions de dollars en 2001 à 100 millions de dollars en 2010, avec une augmentation de 10 fois de plus du côté des exportations malagasy vers le marché chinois pendant les 10 dernières années (sic) ! Comment interpréter ces chiffres ? A moins que cela se passe de tout commentaire ! Pareille évolution ne s’embarrasse d’aucun parti pris. Dans sa politique d’expansion à travers le monde, la Chine, tous les économistes s’accordant à le dire, est devenu un géant économique. Avec une démographique en pleine augmentation, longtemps « maitrisée » mais qui explose quand même par la force des choses, son ouverture à l’économie de marché, les conditions et niveau de vie, le développement des infrastructures, l’éducation de plus en plus généralisée et bien d’autres critères ont fait que le grand bond en avant n’a fait qu’augmenter l’appétit du géant pour trouver des ressources et des débouchés.
Ainsi, pour la 110ème édition de la foire de canton qui aura lieu du 15 au 19 octobre 2011 en Chine, Madagascar a été sollicité avec le thème « Opportunités, coopération gagnant-gagnant et développement » (sic). La Chine, dans sa relation avec les pays à forte ressources minières ne s’embarrasse guerre de détail de conditionnalités, comme le font les pays occidentaux pour les questions de démocratie, de bonne gouvernance ou de corruption. Elle arrive même à contourner, si ce n’est à ignorer, les « soucis » de préservation de l’environnement, un point sur lequel les exploitants chinois, que ce soient en Chine ou ailleurs, ne s’embarrassent guerre.
Les surexploitations des ressources hydroélectriques, forestières ou minières sont les lots des chinois de Chine. La frénésie de développement chinoise engendre des dégâts sur l’écosystème. La déforestation suite à des activités d’exploitation minière, de la construction de barrages hydroélectriques ou d’autres activités humaines ne leurs font pas peurs, loin de là.
Qu’en serait-il de l’écosystème malagasy déjà fragilisé par les exploitations irrationnelles existantes ? Si les chinois, réputés très peu regardants sur la préservation environnementale, continuent leurs avancées dans les domaines d’extraction dans la Grande Ile, pas de doute, l’ile suivra la destinée des méga-accords miniers subodorés en Afrique qui totaliseront près de 10 milliards d’euros, à l’instar de la Guinée, le Liberia ou de la Sierra Leone. Il n’y a pas quatre vérités, les exploitations de bois précieux ont été faites au bénéfice de ressortissants chinois, la Chine ayant été la principale déstination de ces bois. Ces exploitations ont été faites au mépris de l’écosystème malagasy sans qu’on ait pu y faire grand-chose. Alors quid de la poursuite des coopérations avec les chinois ? Pas grand-chose à dire, les dés sont jetés…

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