Sommet de la SADC : l’arbre qui cachait la forêt

Au sommet extraordinaire de la SADC en Afrique du Sud, le sort de Madagascar n’a pas été dissocié de celui de la Zimbabwe : les atermoiements dans les prises de décision pour le cas des deux pays n’ont fait qu’empirer avec les ajournements à répétition. Reporté, depuis Gaborone, à samedi 11 juin 2011, le sommet sur la situation au Zimbabwe et à Madagascar a encore une fois été ajourné à dimanche 12 JUIN 2011 après-midi. La cause en est tout simple : la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et le Marché commun pour l’Afrique australe et orientale (COMESA) sont en train de se commuer en un large « Zone de libre-échange » qui créera tout de même au bas mot un marché unique pesant dans les 875 milliards de dollars ! Ce grand espace de libre-échange d’Afrique, lancé par le président sud-africain Jacob Zuma, rassemblera en fait 26 pays membres de la SADC, le COMESA et l’EAC, trois blocs commerciaux régionaux supposés être rivaux. Il est évident que les inégalités et autres disparités économiques existantes associées aux instabilités politiques dans les sous-régions seront autant d’os au développement de cette zone, mais comme l’a dit le Président Jacob Zuma : « Il n’existe aucun pays capable de prospérer à lui tout seul » (Sic). Pour l’instant, on ne sait comment ces pays pourraient bien passer outre la faiblesse des infrastructures ainsi que les de barrières douanières handicapés également par les lourdes bureaucraties légendaires en Afrique, mais les perspectives sont alléchantes pour qui sait s’y prendre. Pas étonnant que les décisions sur les deux pauvres pays du continent que sont la Grande Ile et le Zimbabwe soient passés à la trappe mainte et mainte fois ! Les deux pays ne faisant pas le poids avec ce grand marché de plusieurs centaines de milliards de dollars.
Toujours est-il quel les dirigeants d’Afrique Australe ont finalement approuvé, presque subsidiairement dimanche, la « feuille de route » devant conduire à de nouvelles élections à Madagascar. Toutefois, « Le Sommet exhorte la Haute autorité de transition (dirigée par M. Rajoelina) de permettre aux Malgaches qui sont en exil pour des raisons politiques de rentrer au pays sans condition, y compris M. Marc Ravalomanana »(Sic) d’après le communiqué final à ce sommet. La Haute autorité devant donc faire tout son possible pour « assurer la liberté politique de tous les Malgaches dans le processus devant conduire à des élections libres, justes et crédibles »(Sic). Belle pagaille en perspective en tout cas !

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