Rien n’est moins sûr

Les dirigeants de la Communauté du développement de l’Afrique australe (SADC) se sont finalement prononcés sur le cas de Madagascar en demandant aux autorités malagasy d’autoriser le retour dans la Grande Île de tous les opposants en exil, le précédent président, Marc Ravalomanana, inclus. Le sommet de Sandton aurait-il sonné le glas de l’unilatéralisme de l’autorité au pouvoir dans la crise à Madagascar ? Rien n’est moins sûr ! Dans les faits, le retour du précédent président serait encore hypothétique vu la situation qui prévaut dans la Grande Ile. Pour l’instant, trop de paramètres défavorables sont ne jeux pour que l’accueil serein de Marc Ravalomanana soit effectif. Le seul bémol qui pourrait tempérer les ardeurs des partisans de toutes les mouvances confondus serait la déclaration publiée à l’issue du sommet en Afrique du Sud invitant les acteurs politiques malagasy à enclencher un processus débouchant à la tenue d’élections libres et équitables, enfin un point positif dans ce grand tumulte médiatique qui s’est instauré autour des ramdams de la SADC pour trancher sur le cas de l’Ile Rouge.
Car pour trancher ils ont tranché les gars de la SADC, et ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Demander d’autoriser le retour de ceux qu’on avait ânonné comme étant des « has been », il fallait le faire. En tout cas, il serait étonnant qu’avec ce qu’on a vécu durant la transition cette décision soit effective. Car corollaire de cette demande de la SADC, la feuille de route se doit d’être amendée pour être cohérente avec la suite des évènements… si suite il y aura dans ce sens. Pour l’instant, le retour au pays des deux ex-présidents et de leurs cliques n’est pas avalisé par le pouvoir en place, loin s’en faut. L’éventuel rejet de l’appel de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en faveur du retour des opposants politiques actuellement en exil modifiera très certainement les donnes au niveau international mais dans quel sens ? Là est la question. Seul hic dans tout cet imbroglio politique, pour ne pas dire le HIC majeur : le cas du peuple malagasy qui une fois encore se retrouve otage complètement à la merci des « politicards » de tout bord et de tout acabit. Reste à savoir si la marche forcée vers des élections, sans conditionnalité, serait encore crédible aux yeux de la communauté internationale, des élections qui se feront assurément sans adversaires de poids, juste des candidats composés de courtisans en somme.

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