Le sport malagasy, ce grand oublié

Rien ne peut plus étonner à Madagascar, et plus que jamais l’assertion selon laquelle « le ridicule ne tue pas » se vérifie au quotidien dans la Grande ile. En sport, et plus particulièrement en kick-boxing, les performances des athlètes étaient sans équivoques sous la houlette de son président de fédération Briand Andrianirina : des titres mondiaux, 6 médailles récoltés dont 3 or, 2 argents et 1 bronze pour 6 participants seulement, un record pour les sportifs de la grande ile. Pourtant, les déboires qui ont éprouvées les tireurs malagasy avant leur départ pour le championnat du monde ont été relatés et relayées dans les presses écrites de la Grande Ile, tout le monde était au courant des difficultés qu’avait eu la fédération pour boucler financièrement leur déplacement. On ne sait pas si le torchon brûle entre la fédération et le ministère concerné mais dernièrement la fédération malagasy de kick-boxing a fait savoir que les aides ministérielles qu’elle a reçues jusque là ont été des aides en nature et non en numéraire. Comme un coup d’estoc au ministère des sports, la fédération invite ce dernier à rendre public les détails de l’octroi de 117 210 000 Ariary, rien que ça ! Une demande de transparence sur un aussi gros montant qui aurait été alloués à la fédération, et ce « au nom de la transparence et du droit à l’information du grand public » (sic). Quelque part il y a un malaise !
Ces derniers temps en fait, les participations des sportifs malagasy dans des compétions de haut niveau – le football mis à part- se sont réalisées quasi en autofinancement pour les fédérations mais qui se sont soldé pourtant par d’excellentes performances et de bons résultats de surcroit, des titres mondiaux ou africains au minimum. Un petit sursaut d’orgueil peut-être pour le ministère des Sports lors de la participation de Jean Yves Ranarivelo alias Joda et de Rila Ranaivomampianina, les champions de Madagascar en titre en rallyes automobiles ainsi que Freddy et Yachine, à la quatrième manche du championnat d’Afrique du 17 au19 juin, car le séjour ainsi que les frais de déplacement de la délégation ont été pris en charge par le ministère. Jimmy Rakotofiringa, président de la Fédération du sport automobile malagasy a même lancé, comme une pique : « Une aide très significative pour nous qui n’avons pas l’habitude de bénéficier le soutien de l’État » (Sic). Les « performers » n’ont pas été habitués à « ça » Madagascar. Vivement que « ça » devienne une seconde nature…

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