Aux … urnes citoyens…

Une tare de la mondialisation ou question de mode, allez savoir, mais les résolutions de « crise » -le mot est à la mode- dans les pays africains passent apparemment par le même chemin suivant un certain stéréotype. La crise libyenne apporte son lot de surprise avec les déclarations de l’un des fils de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam. En effet, ce dernier a déclaré à un quotidien italien, Corriere della Sera, que dans le cas de figure où son père ne partirait pas en exil, l’organisation d’élections sous une surveillance internationale pourrait avancer vers une sortie de crise. En tout cas, il est peu probable que Mouammar Kadhafi veuille quitter ainsi le pouvoir qu’il a édifié depuis 1969. Un délai de trois mois a été même avancé pour la tenue d’un scrutin. Rien n’est trop « cher » pour mettre fin à près de quatre mois de guerre dans le territoire libyen.
La leçon que chacun essaie d’appliquer d’un bout à l’autre de l’Afrique n’est rien d’autre que la conquête du pouvoir par les urnes. Que ce soit en Côte d’Ivoire ou dans les pays arabes nouvellement « soulevés », légitimer par les urnes est plus que jamais dans le topic des politicards de tout bord et de la population de ces pays. Voilà la Libye qui ne veut pas être en reste.
Même l’ex président Ravalomanana Marc, qui ne craint pas d’être envoyé en prison dans son pays plutôt qu’être libre en exil insiste fort sur son retour et sa participation aux élections futures. Il ne fait plus aucun doute maintenant que le président de la transition actuelle, Andry Nirina Rajoelina, va poursuivre, vaille que vaille, l’application des dispositions de la feuille de route paraphée à Ivato le 9 mars 2011 : organiser au plus vite des élections, notamment présidentielles telles seront les priorités à venir. Sa candidature ne fait plus l’ombre d’un doute. D’ailleurs, la déclaration de Sandton demandant aux autorités de la Transition de créer une situation favorable au retour de Ravalomanana Marc au pays est plus que compromise, la situation étant loin d’être en faveur d’un « come back » serein. Cahin-caha, l’appel aux urnes sera le plus fort dans la configuration actuelle, l’occupation du terrain étant telle qu’aucun argument ne pourra passer pour inverser la tendance. Gaborone aurait été un bide pour avoir accouché d’un pareil statu quo.

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