Même la plus belle fille du monde…

Sous l’impulsion des étudiants en médecine qui ont initié le mouvement à Ambohitsaina, la manifestation des étudiants de l’enseignement supérieur prend de plus en plus de l’ampleur. Las des tergiversations de l’administration, les étudiants de la faculté de Droit, économie, gestion et sociologie (DEGS) ont rejoint le sit-in des étudiants en Médecine, les étudiants de la Polytechnique de Vontovorona les ont également rejoints. Fort heureusement, jusqu’à maintenant aucun débordement n’a été noté du côté des étudiants. Pourtant, sans vouloir se voiler la face, la situation est critique. Principale revendication et non des moindres : la sortie du calendrier de rentrée universitaire pour cette semaine. Les étudiants craignent que si la rentrée tarde à venir, pour boucler l’année universitaire, pour le moment hypothétique, l’enseignement soit …bâclé une fois lancé! Jean Eric Rakotoarisoa, vice-président de l’université d’Antananarivo de déclarer que seul un accord de principe de la part du ministère de l’Enseignement supérieur pour le budget fonctionnement l’université d’Antananarivo a été acquis, sans toutefois être gratifié d’un déboursement effectif. Même Antoine Zafera Rabesa, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, y va sur la pointe des pieds, avancer une date sur la rentrée universitaire lui serait prématuré faute de moyens. Car même les revendications des membres du syndicat des enseignants chercheurs, SECES, restent en suspens faute de …moyens également. Comme quoi, il faut se ramener à être réaliste car « même la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».
Pour l’instant le focus est ailleurs, l’échéance du 20 mai et ses surprises, bonnes ou mauvaises tient ne haleine les tenants du pouvoir. On assiste d’ailleurs à un ballet de déplacement des tenants du pouvoir, le président de la Transition, M. Andry Rajoelina, se relayant avec le général Camille Vital, pour des opérations de charme auprès des dirigeants de la SADC. Tous ces mouvements risquerait de faire du sommet des pays les moins avancés, prévu du 9 au 13 mai à Istanbul, un camouflet pour la Turquie. En tout cas, vu la forte délégation diligentée à l’ile Maurice, on sent que le pays compte beaucoup sur l’appui de l’ile voisine pour faire pencher la balance en sa faveur au sein de la SADC. Plus qu’une quinzaine de jours avant le sommet fatidique de la SADC.

Publicités