Quand l’insécurité devient une deuxième nature à Madagascar


Les adeptes de la théorie du complot ne concernent pas uniquement les américains, ils s’exportent également dans des pays insoupçonnés tel la Grande Ile. Tout incident impromptu est sujet à qualification de complot, le numéro un de la transition en a fait les frais dernièrement avec un avion, un jet privé d’une compagnie d’Arabie Saoudite, devant emporter une délégation pour la Zambie, l’Afrique du Sud, l’Angola et le Congo. Il va sans dire que l’avion, en transitant à Ivato pour quelques nuitées était supposé être gardé « fortement ». En effet, cet avion avait ramené la famille présidentielle du Qatar après leur petite escapade pascale. Mais apparemment, ce ne fut pas le cas pour l’entourage du président de la HAT. Décidemment, avec la recrudescence de l’insécurité, même celui qui se trouve à la tête suprême n’est à l’abri d’une quelconque malveillance, et ce malgré l’important dispositif dont il s’entoure. Il ne passe d’ailleurs pas inaperçu dans les rues d’Antananarivo, toute sirènes hurlantes et la centaine de policiers en piquets lors de ses déplacements. Il est difficile de concevoir qu’avec pareil dispositif, il puisse être victime d’une tentative d’assassinat. A moins que ceux qui lui veulent du mal, et qui en sont capable, se trouvent dans son entourage direct pour pouvoir passer outre des dispositifs de sécurité et endormir la vigilance des « gardes ».
Depuis quelques temps, il est de plus en plus difficile de dissocier le quotidien de l’insécurité à Madagascar. C’est comme si c’est devenu naturel de vivre au-delà de toute sérénité, vivre sur le qui vive à longueur de temps. Mais comment peut-il en être autrement ? Avec les agissements des grosses pontes du pouvoir qui s’arrogent des passe-droits et des privilèges au-delà du raisonnable ? Les grosses voitures assorties de l’insigne tricolore lumineux sur le tableau de bord et qui frayent un chemin « prioritaire » dans les bouchons de circulation, ou qui n’hésitent pas à bousculer et klaxonner à la moindre contrariété ? Pas étonnant que là où ça doit être bien gardé des saboteurs aient pu passer, avec autant de gens à « passe-droit »… le moindre sous-fifre en tremblerait dans son pantalon à la moindre intimidation ! Quoiqu’on puisse dire, cette grosse épine qu’est l’insécurité est en passe de devenir le tendon d’Achille du pouvoir en place. Il n’y plus de catégorie de personne qui soit épargnée par les actes de malveillances de toutes sortes, malheureusement, tout le monde y passe, petits et grands, du simple citoyen au président de la HAT.

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