Chimérique, la FFKM est…

Décidément, courir après des chimères ne fait pas peur à certains politiciens. Les appels du pied vers la FFKM, Conseil œcuménique de Madagascar, se font de plus en plus pressants de la part de certaines entités afin « d’intercéder » dans la résolution de cette crise. Ainsi, dernièrement, les jeunes MFM ont argués que seul un dialogue facilité par le FFKM entre les 4 chefs de file pourrait résoudre définitivement la crise politique malagasy. Un scénario que bon nombre d’observateurs estiment pouvoir réussir mais qui se heurte à hic : la dénommée FFKM est moribonde pour ne pas dire morte ! Comment peut-il en être autrement avec les dissensions et autres provocations qui ont eu lieu au tout début de la crise ? Il y a eu de quoi en retourner « la veste » ! D’ailleurs, la réelle représentativité de la FFKM pour la communauté chrétienne à Madagascar ne tient plus la route, les proportions ont sensiblement évoluées en défaveur de cette entité, la mettant en position minoritaire sur l’ensemble de la population chrétienne de Madagascar. Alors, pour la question notoriété c’est ratée ! A moins d’élargir la FFKM et d’accepter d’autres obédiences, celle-ci ne représentera plus que l’ombre d’elle-même.

Les quatre grandes églises regroupées au sein du FFKM ont certes joué des rôles importants dans la vie sociopolitique par le passé mais ce temps est désormais révolu. Avec les prises de positions ouvertes des hommes d’église, l’estime de la population envers cette entité est descendue au plus bas. D’autant que des ombres qui ressurgissent du passé se font de plus en plus présentes dans le quotidien, les « Ampanjaka, Tangalamena et Andriana », roitelets et princes malagasy, ont commencé à se fédérer en différents groupements et donnent de la voix n’hésitant pas à montrer leurs inquiétudes quant à l’avenir du pays. Il ne faut pas oublier que Madagascar n’est pas chrétien à 100%, au risque de choquer, il faut reconnaitre que les proportions de chrétiens et non-chrétiens se départagent presque de moitié, l’influence chrétienne se faisant sentir surtout dans les grandes villes et alentours. Hors des grandes agglomérations, l’influence et l’autorité des chefs traditionnels sont largement prioritaires. Il est fréquent de voir encore des gens procéder, lors de festivités ou autres évènements, à des « joro », ce rite traditionnel du sacrifice d’un zébu aux ancêtres. Alors, en cette période d’assoupissement caractérisé de la FFKM, faire appel à elle serait un non-sens, n’ayant même plus en elle une légitimité majoritaire.

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