Tout doucement vers un déni d’autorité…


Cela aurait pu relever de la rubrique des faits divers, mais cela mérite quand même d’être commenté. Dimanche dernier, un homme armé d’un sabre, appartenant à un gang de huit personnes, d’après des témoins, a subit la vindicte populaire pour succomber par la suite. L’incongrue de l’histoire est le lieu où le gang en question a choisi pour opérer : en pleine ville d’Antananarivo, à Andohalo, non loin de l’Etat-major de l’armée. Cela revient à die qu’ils ont perpétré leur délit au nez et à la barbe des militaires ! Comble de l’histoire, ce sont les habitants du quartier qui se sont ligués pour poursuivre les membres du gang, pourtant armés de pistolets et de sabres, et ce sans attendre l’arrivée des forces de l’ordre qui ont quand même été prévenu … Le gang en question avait dévalisé un minibus tout en menaçant les gens aux alentours. Résultat des courses : un homme attrapé et « exécuté » par la foule en colère. C’est une fois de plus, et une fois de trop, un jugement populaire se passant de la justice et des forces de l’ordre. Exacerbé par l’insécurité devenue quotidienne, aggravé par la perte de confiance aux rouages de la justice et des forces de l’ordre, la population se décide à se faire justice elle-même ! Une aberration quand on sait que la police existe, autant pour les magistrats, mais bon, ces personnels là sont devenus des membres pléthoriques des corps d’où ils sont issus aux yeux de la population à tel point que cette dernière n’hésite plus à s’en passer, les snobant complètement. A ce rythme là, l’argent des contribuables est jeté par les fenêtres, ceux qui sont payé avec pour les protéger ne pouvant pas être efficients dans leurs tâches !

Auparavant, pareils cas se passant en brousse ont été rapportés à maintes reprises mais là, en plein centre de la capitale…C’est soit pour narguer l’autorité soit c’est une réelle extension des actes de banditisme vers les coins et recoins de la capitale, dans les deux cas c’est la population qui en pâti. Quand on voit les bras de fer entre les marchands illégaux et les hommes de la commune, on ne peut s’étonner de l’ampleur du déni de l’autorité compétente qui se généralise petit à petit. Quand on voit Analakely en passe de devenir une vraie « cours des miracles » avec les grabataires en tout genre qui se prélassent à leurs guises tout au long de l’avenue de l’Indépendance, sous les arcades, sur les trottoirs, le long des murs des rues adjacentes et parallèles à la grande avenue, on est enclin à se dire que c’est dans l’air du temps surement…

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