Et si on réveillait les morts ?


64ème anniversaire de l’insurrection du 29 mars 1947 contre la France. Un évènement qu’on a longtemps essayé d’effacer de la mémoire collective malagasy mais qui revient inexorablement à chaque jour anniversaire. C’est que malgré les morts et les dénigrements des colons sur la nature du soulèvement, les stigmates de la répression de cette période fatidique ont été gravés au fer rouge dans la mémoire de ceux qui ont subi les exactions des colons et de ses sbires, tirailleurs venus du continent noir, qui ont exécuté à tour de bras, humiliants les survivants nationalistes qui ne voulaient pourtant que la fin du joug colonialiste et le départ des colons de leur terre. Ces derniers temps, les polémiques qu’on soulève sur les tenants et aboutissants de ce soulèvement et la répression qui s’en suivi alimentent l’imaginaire des générations qui n’ont pas vécu cette tragédie. Il est plus que temps que les historiens développent et étalent au grand jour les résultats de leurs recherches sur le cours des évènements en ces temps là.

Rendre publique les contenus des archives qui sont accessibles dans les archives nationales françaises, et d’ailleurs aussi pourquoi pas, à défaut de données d’archives conséquentes en terre malagasy : tel sera le devoir des historiens et chercheurs malagasy pour faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé en ces jours sombres. Wikileaks a bien cartonné sur la toile, désarçonnant bien de gouvernements, les révélations embarrassantes ayant produit pas mal d’effet sur bon nombres de grandes puissances et qui continue de distiller son venin à coup de révélation. Le devoir de mémoire pour ces martyrs de 1947, ces insoumis qui ont été trahi, qui ont souffert, qui ont été humilié, qui sont mort et qui ont été dénigré aux yeux de leurs compatriotes de l’époque. Car les exactions qui ont été commise se doivent d’être étalées au grand jour sans tabou, sans fioriture, tout doit être mis à nu pour enfin arriver à panser les blessures, obtenir réparation car préjudice il ya eu… Car les morts sont bien morts, sans qu’ils puissent se compter entre eux, car ces grands-parents et parents sont morts et bien morts sans avoir pu justifier leurs actes, car ces martyrs sont morts et bien morts sans qu’ils puissent témoigner de ce qu’ils ont pu vivre et subir jusqu’à leurs trépas. Ils sont morts et bien morts dans l’humiliation sans espoir de réhabilitation, dans l’anonymat et le mépris… Si au moins on pouvait les réveiller pour témoigner…

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