Il est plus que temps d’arrêter l’hémorragie

Il est plus que temps de démystifier cet Eldorado, ce Liban si lointain et si inaccessible, qu’on fait tant miroiter aux yeux des travailleurs malagasy qui lorgnent depuis quelques temps vers d’autres horizons, d’autres pays au-delà des mers. Par nécessité plus que par recherche d’évasion, les jeunes, et parfois des moins jeunes, succombent aux charmes des recruteurs à la solde des agences de placement installés au pays des Cèdres. Il faut comprendre que les malagasy ne sont pas les seuls en lice dans cette course au travail en terre libanaise. Human Rights Watch a déjà tiré la sonnette d’alarme sur les mauvaises conditions de travail de ces travailleuses immigrées à Beyrouth : « le nombre de ces employées avoisine les 200 000 au Liban, pays d’environ 4 millions d’habitants. Originaires du Sri Lanka, des Philippines, du Népal et plus récemment du continent africain, elles forment une main-d’œuvre bon marché aux conditions précaires. Confiscation de passeport, non-paiement de salaire, travail à outrance, violences verbales et physiques… leur sort ressemble parfois à de l’esclavage moderne » (sic).

En fait, les employeurs de ces employées de maison sont des familles libanaises aisées, le gotha même de la société libanaise, elles en emploient parfois plusieurs. Les « petites bonnes » sont vouées à des tâches dont elles ignorent même l’existence : elles promènent le chien, poussent le Caddie, s’occupent des vielles personnes incontinentes, font le service dans plusieurs foyers à la suite… Le mythe d’un travail facile et bien rémunéré est surfait, le trafic des personnes au Liban pèse sur la société libanaise qui depuis la fin des affrontements militaires, en 1990, a ouvert ses portes aux travailleurs étrangers et notamment au personnel de maison, essentiellement des femmes venues de pays en situations de pauvreté. Malheureusement, ces femmes dépendent totalement de leurs employeurs et ces derniers ne se privent pas de les maltraiter et abuser d’elles en toute impunité, parce qu’en toute discrétion calfeutré dans leurs domiciles car les autorités sont récalcitrantes à enquêter dans les maisons, considérées comme des espaces privés et non comme des lieux de travail ! Alors, il faut prendre conscience qu’autre pays autres mœurs ! Il est plus que temps d’arrêter le flux migratoire vers le Liban et avancer des solutions de rechanges solides et pérennes pour ces femmes dans le besoins !arrivée à Ivato des rapatriéesAccueil d'une équipe sanitaire

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