Travail au Liban : un marché de dupe !

Le choc des cultures a toujours été de tout temps source de problème à partir du moment où il y a des flux migratoires allant d’un pays à un autre. Que ce soit en Europe, en Afrique ou en Asie, et à plus forte raison au Moyen-Orient, l’immigration de travailleurs venant d’un pays peu développé vers un pays considéré comme riche fait généralement naitre un malaise et des dissensions entre la population d’accueil et les travailleurs immigrés. En deux décennies, sans qu’on ait des données fiables s’y référant, Madagascar a fourni de la main d’ouvre à tour de bras pour différents horizons. Que ce soit pour l’Ile Maurice ou pour le Liban, les flux sont basés sur de la main d’ouvre « bon marché ». Généralement, les emplois que ces pays offrent ne nécessitent pas forcément de grandes qualifications, donnant de faux espoirs aux postulants, majoritairement des femmes, qui flashent sur des offres habillement mirobolants et qui pourtant à la clé se révèlent être des pièges terribles qui les entrainent dans des spirales sans fin les mettant à la merci des agences recruteurs et des employeurs sans scrupules.

Ainsi, les malheureuses travailleuses malagasy qui viennent de rentrer hier de Beyrouth à bord d’un avion de la compagnie nationale Air Madagascar spécialement affrété pour les évacuer ont pu souffler après avoir subit les affres du monde du « travail de maison » au Liban. Elles ont expérimenté à leurs dépend les faces cachées du choc des cultures. Comment cela aurait-il pu en être autrement quand les recruteurs à Madagascar ne se donnent même pas la peine de choisir des femmes qui maitrisent ou parlent la langue de Molière ? Car au fil des histoires que content ces malheureuses, l’incompréhension due à la barrière des langues est la première source de dissension entre employeur et employé, et certains employeurs n’ont pas hésité à en venir aux mains pour se faire comprendre. Mais la base même de leurs mésaventures réside dans le contenu de leur contrat, contrat basé sur un marché de dupe profitant de la précarité pécuniaire et de la crédulité des prétendantes. Car comment peut-on penser aller travailler à plus de 6.000 kilomètres de chez soi pour 150 dollars par mois ? Et ce avec des clauses aberrantes les obligeants à payer leur titre de transport, pays une assurance, s’engager pour quelques années au service d’une agence de placement au Liban qui se soucient fort peu du bien être de ces employés ?

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