Laisser le temps eu temps

Les situations de crise, il en existe des tas à travers le monde avec des hauts et des bas qui diffèrent de pays en pays, d’une région à une autre. Mais une des caractéristiques de ce nouveau millénaire est la persistance dans la durée dans divers point du globe. De la Somalie à la Côte d’Ivoire en passant par La Grande Ile, le Soudan ou le Niger, la longue durée des transitions se démarquent pour devenir des faits saillants rarement résolus. Avec ce vent de « libération » qui a soufflé dans les pays arabes, de nouveaux venus se sont greffés à la liste, déjà longue, des pays « à problèmes ». Ce qui se passe en Libye avec l’intervention de la coalition des forces des Nations Unies n’est pas pour arranger les choses, loin de là. Bien que l’opération de la coalition ne soit actuellement axée que sur des frappes ne nécessitant aucun engagement humain au sol, avec la détermination des américains pour dégager Kadhafi, le maintient de la pression dans la durée n’est nullement à écarter. Au Yémen également, Ali Adballah Saleh commence à vaciller avec les dirigeants de l’armée qui se désolidarise de l’entêtement que dont fait preuve leur président. Toujours est-il que dans ces cas cités, et dans bien d’autres aussi d’ailleurs, le temps s’écoule sans pour autant apporter plus d’éclaircie.

Pour sa part, la Grande Ile entre inexorablement vers une ère conduisant à la poursuite de la présente transition, et ce malgré la lettre N°79-HCC/G de la Haute Cour Constitutionnelle du 18 mars 2011 instituant Andry Nirina Rajoelina comme Président de la République pour une durée maximum de 24 mois. Le caractère transitoire est toujours là quoiqu’on puisse dire ou écrire, les réelles institutions de la quatrième République tardant à venir avec les mélimélos politiques qui se jouent actuellement. Il est clair que la contre-offensive des trois mouvances parties en croisade sur le grand continent, notamment en Afrique du Sud, en Zambie et au Botswana brouillera encore plus les cartes pour la SADC et par ricochet pour communauté internationale. Avec ces données inintelligibles, le malagasy lambda de se dire qu’il en aura encore pour …deux ans au moins pour voir le bout de cet imbroglio politique. En tout cas à la vitesse où vont les choses, il est peu probable que le moindre chronogramme puisse être respecté à la lettre, le temps principal adversaire, fera inexorablement son travail, mais faudrait-il compter là-dessus et laisser le temps au temps ? Sombre perspective en l’état actuel de la Nation!

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