Effort de carême pour s’en sortir ?

Premier jour de carême pour les catholiques du monde entier, une journée qui n’est pas passée inaperçue dans la capitale avec les élèves des écoles confessionnelles catholiques qui ont célébré le mercredi des cendres dans les Eglises de proximité. Un moment de recueillement utile car ailleurs, des chrétiens se font tuer dans l’indifférence. L’Egypte, le pays où les mouvements de rue ont renversé leur dirigeant dictateur, est le théâtre de lutte perpétuelle entre chrétiens et musulmans. Le mouvement de « libération » qui a secoué l’Egypte n’est toujours pas favorables aux minorités. Preuve en est les affrontements qui ont eu lieu mardi soir après une manifestation des chrétiens, dans l’est du Caire, qui ont protesté contre l’incendie d’une église samedi au sud de la capitale : six chrétiens coptes ont été tués et au moins 45 blessés après l’attaque par de salafistes armés, qui ont également mis le feu à des maisons et des ateliers.

Ici ou ailleurs, ceux qui espèrent des changements dans les mouvements populaires se retrouvent toujours sur leurs derrières après l’euphorie des premiers jours de « libération ». C’est surement dans l’ordre des choses sur cette terre, les opportunistes en tout genre trouvant toujours de quoi moudre même en pleine disette. Pour sa part, la population malagasy dans cet imbroglio politique sans nom semble s’être totalement désintéressée de la « chose » politique. Car que dire des gesticulations des politicards qui se sont déplacés à Ivato ? Quand certains se bousculent au portillon pour apposer sa signature sur la fameuse feuille de route, d’autre y viennent pour faire figure d’épouvantail, poussant l’ironie jusqu’à signer … une feuille de présence sans pour autant approuver par leurs paraphes les conclusions des travaux de Sieur Simao et consort. Du grand art dans la langue de bois que se complaisent à s’échanger ces grands de la politique malagasy !

En tout cas, la journée pieuse des catholiques risque de n’apporter que du vent dans cette sempiternelle négociation pour sortir de l’ornière de l’isolement international que la Grande Ile vit au quotidien depuis plus de deux ans déjà. Des années qui ont fait voir pas mal de paradoxes dans la conduite du pays, ne serait-ce que le sevrage de financement dont on ne cesse de rabâcher à longueur de temps et qui pourtant, jusqu’à maintenant, n’a pu mettre KO ceux que la communauté internationale comptait sanctionner. Pire, c’est l’ensemble de la population qui en pâtit à son grand dam.

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