Avancer à marche forcée

Immuable, voilà l’image que l’on pourrait se faire de ces réunions de partis à Antananarivo en cette période de transition. A chaque réunion qu’organise le président de la HAT avec les partis politiques, une contre-réunion se passe du côté des autres mouvances. Image immuable ! A croire que cette transition va perdurer éternellement, chacun dans sont coin, ruminant ses convictions et projetant ses rêveries sans pour autant avancer. Pourtant, plus on s’avance dans cette voie, plus la transition perdurera. Bien sûr, il y en a qui aimerait que cela s’éternise, et ils ne sont pas peu nombreux, la situation actuelle les servant à souhait dans leurs intérêts. Mais les matières à réflexion qu’a émise le président de la HAT prêteraient à réfléchir, notamment sur la question de la reconnaissance internationale en essayant de faire le parallèle avec les pays arabes qui entrent en période transitoire et la pertinence d’éventuelle approbation des présidents déchus dans la poursuite de leurs transitions respectifs ; a chacun de trouver sa réponse dans le contexte actuel.

Pour l’instant, les démarches et autres conclusions des médiateurs de la SADC ne semblent pas satisfaire à tout le monde, preuve en est le déni de la feuille de route par les trois mouvances. Démagogie ou coup de poker, l’ancien premier ministre de la HAT Monja Roindefo vient de proposer de rencontrer Marc Ravalomanana en Afrique du Sud et de s’entretenir également avec Andry Rajoelina, et ce dans le but d’établir un accord politique « neutre, sincère, consensuel et inclusif ». Depuis le temps qu’on cherche à y arriver, un homme de plus ou de moins pour y parvenir…ce sera toujours la transition qui s’éternisera. Déjà que la date fatidique du 17 mars arrive au galop, un troisième « 17 mars » à vivre pour le commun des malagasy, toujours dans la tra…dition de la transition. Et quand on sait que la décision de la SADC sur la crise à Madagascar sera prise au cours d’une réunion de la coopération en matière de défense et de sécurité de la SADC le 18 mars, alors on comprend mieux cette envie de finaliser à marche forcée pour aboutir à la signature de la feuille de route définitive avant cette date. Signature qui n’est pas près d’être gagnée et qui risque fort d’être à sens unique, juste pour les pro-HAT et consorts.

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