Quand le bateau coule…

Tendance xénophobe avérée en Côte d’Ivoire pour les pro-Gbagbo, enfer pour les milliers de travailleurs venus des pays de l’Afrique sahélienne, qui se sont installés en Lybie, après la révolte libyenne de ces derniers jours. Tout va très vite en ces jours de chaos dans les pays « à problèmes » que sont la Côte d’Ivoire et la Libye. La Libye où les évacuations des différents ressortissants étrangers, en majorité des travailleurs immigrants, s’effectuent dans des conditions plus que chaotiques. Une « crise humanitaire » vient se greffer alors à la crise libyenne, le flux de réfugiés qui s’enfuient vers les pays frontaliers semble dépasser l’entendement, car près de 100.000 personnes, des travailleurs égyptiens et tunisiens principalement, se précipitent vers les rares postes frontières pour ne pas dire l’unique. Décidément, quand le bateau coule, les rats quittent le navire ! Mais comment ne pas fuir quand le dirigeant despote du pays jure de rester au pouvoir envers et… contre tous ?

Les crises de ces derniers mois, bien qu’elles se soient succédé dans les pays africains, dépassent de loin les standards que s’évertuent à fixer les spécialistes en politique arabe et africaine. Pareil pour le Moyen Orient où tout échappe à la logique pour tracer de nouvelles donnes pas toujours satisfaisantes pour les grandes puissances qui se veulent être des faiseurs d’opinion pour le reste du monde. Pas étonnant que les résolutions de toutes ces crises ne soient pas si évidentes que ça, faisant faux bon à toute tentative de rationalisation et de standardisation, un cas étant différent d’un autre. De vrais casse-tête pour Ban Ki-Moon et son staff, ainsi que pour le conseil de sécurité des Nations Unies qui pour cette nouvelle décennie donne l’impression de privilégier la non-violence et éviter à tout prix l’utilisation des forces de sécurité de l’ONU. On est pourtant sidéré de voir la forte présence onusienne en Côte d’Ivoire, des forces qui se « rattachent » à l’un des antagonistes occasionnant pour l’occasion un max d’engagement de frais. Et là, en Libye, les Nations Unies évitent à tout prix de s’ingérer et protéger les civils de ce pays qui subissent les exactions des sbires du leader contesté libyen. Les tergiversations entrainant des pertes de temps évidentes équivalent, à ne pas s’y tromper, à davantage de pertes en vies humaines.

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