Ping-pong politique, un jeu sans fin

« Journée de la colère » à Sanaa au Yémen, voilà une autre dénomination de mouvement populaire en ce début du troisième millénaire. Une colère exprimée à l’issue de près de 30 ans de pouvoir pour Ali Abdallah Saleh. Une colère des Yéménites totalement compréhensible avec les projets de Saleh d’instaurer une présidence à vie et la possibilité de transmettre le poste à son fils aîné, Ahmed, actuellement chef de la garde républicaine. Le subterfuge habituel du parfait dictateur qui était en marche en amendant la Constitution pour ses sombres désirs.

En Afrique, l’exercice du pouvoir est quelque chose d’enivrant, plus qu’une drogue, créant un état de dépendance extrême poussant celui qui l’exerce aux extrémités les plus inimaginables mais suivant pourtant les chemins tracés dans « le petit manuel du dictateur » tant les cas de figure se ressemblent d‘un pays à l’autre à quelques détails près. Le pouvoir et l’argent, des ingrédients détonnant qui ont fait exploser tant de pays en Afrique et qui continuent toujours à sévir.

L’Afrique qui s’enlise dans les négociations à n’en plus finir, qui s’étirent et qui s’étirent dans le temps, faisant sur certains fronts le petit bonheur des négociateurs qui se permettent de faire des promenades de santé, parfois bien accompagnés, dans les pays en crise. Mais pour la grande ile, en la circonstance, Leonardo Simaõ et son équipe ont finalement daigné conclure leurs multiples et longues consultations par une feuille de route qui d’emblé soulève déjà des doutes sur les éventuelles approbations des différentes parties prenantes. Voilà déjà la semaine qui s’achève et toujours pas de signature de la feuille de route, faute d’acceptation de ceux des trois mouvances qui veulent absolument accommoder à leurs sauces la mouture présentée par l’équipe Simaõ. Finalement, à Madagascar on est réduit à attendre les jeux de « ping-pong » des politicards, jamais d’accord et affirmant chercher le contraire.

A force d’attendre, la fin de cette transition risquerait d’aboutir à un nouvel élan populaire, que l’on sait cyclique, pour bouger les choses à son habitude mais avec quelle intensité ? Déjà que les propos du professeur Zafy tendent à envisager d’organiser des manifestations de rue si nécessaire pour contrecarrer la fameuse feuille de route Simaõ. La violence étant aux portes, avec les sauts d’humeurs des partisans, gare aux étincelles qui risqueraient de mettre le feu aux poudres.

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