Dure-dure la soudure !

Madagascar avance subrepticement vers une période « dure » de soudure. Rien que pour la production de riz précoce dans la région d’Analamanga, le constat est consternant : la sécheresse est en train de mettre à sec les silos. La solution palliative que le ministère de l’Agriculture propose n’est rien d’autre que la culture de contre-saison. Avec pareil conseil, on se demande bien pourquoi on aurait attendu 2011 et sa sècheresse pour s’adonner à cette fameuse culture de contre-saison !

Il est pendant que dans pas mal de région cultivatrice, pareil pratique n’est pas une nouveauté ! Avec les pommes de terres et autres légumes ou blés qui succèdent au riz dans les rizières, le travail ne manquent pas dans ces parties de l’ile. Par contre, il n’est pas sorcier de savoir que sur certains sols, le repos si ce n’est la jachère est vitale pour une régénération. Avancer que se mettre à la plantation de manioc pour pallier au manque due à la baisse de production de riz serait une solution est des plus étranges. Planter du manioc dans les rizières qui n’arrivent pas à produire du riz ? Ou planter ailleurs ? Si les moyens l’avaient permis, on aurait très bien pu planter plus de manioc que de raison, plus que ce qu’on produit actuellement. A l’instar de ceux de Nosy Be qui s’y sont déjà mis depuis quelques saisons déjà sur les terrains de culture de cannes à sucre qui ont été abandonnés. Les paysans y ont abandonné les cultures de rente pour s’adonner à une autre forme, la culture vivrière… produire ce qu’il faut pour subsister. Pareil pour ceux qui se sont « spécialisés » dans la production de vanille dans le temps et qui se sont finalement reconverti à la culture de subsistance faute de rentabilité dans leurs activités précédentes couplé avec les tracas des plus ennuyeux, que l’on connait, dans l’exploitation forestière, un autre palliatif au manque de rendement de leurs activités antérieures.

Il est clair que pour tous ces agriculteurs, que ce soit ceux traditionnels que les nouveaux venus, la faible pluviométrie est une des sources du problème. Mais pour un pays comme la grande Ile où les sources et les cours d’eau sont, ou ont été, en grande quantité, l’erreur a toujours été dans l’absence et la mauvaise gestion de ces derniers ! Les réseaux d’irrigation datent du temps de Mathusalem ! Pareil pour les bassins de retenue d’eau, même topo ! Autant ne plus parler de la sécurité des agriculteurs et de leurs biens, bœufs et récoltes, car ce volet commence à chauffer les oreilles, quoique à bien y réfléchir cela soit un frein majeur à la bonne volonté de produire … plus!

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