L’affaire est dans le sac ?

Au train où vont les choses, le cours de cette transition glisse subrepticement vers une nouvelle léthargie et devenir au demeurant un long fleuve tranquille. Les mouvements de rue sont en passe de devenir obsolètes pour céder la place à des procédés autrement plus civilisés sinon moins violents. Des négociations entre les représentants des partisans d’Andry Rajoelina et les représentants de la mouvance Ravalomanana ont été entamées depuis quelques temps pour être finalement bouclées du côté d’Ambohimanambola. Chose qui surprendrait plus d’un, les deux parties ont prévu signer un procès verbal des différentes rencontres qu’elles transmettront aux chefs de file et aux médiateurs internationaux.

Les plus superstitieux concluront que la boucle est bouclée avec cette finalisation d’Ambohimanambola, là où tous les malheurs de certains ont commencés. Il ne faut plus se voiler la face maintenant, la quatrième république est en marche, le reste risque fort de s’apparenter à du marchandage pour se prévaloir des prérogatives dans la conduite des affaires durant les prémices de cette nouvelle république. D’ailleurs, à chacun de poser ses jalons maintenant pour avoir de bonnes assises ultérieurement. Le sort est jeté pour la Grande Ile, nonobstant la venue de la délégation de la SADC, conduite par le Dr Leonardo Simao qui sera là pour une mission d’évaluation de la situation. Cette délegation présentera un rapport devant l’assemblée générale de l’Union Africaine à Addis Abeba à la fin du mois de janvier. A la lumière des discours des deux leaders antagonistes au début du mois, il n’est pas sorcier de conclure que tout va aller pour le mieux faute d’objections de la part de l’opposition, ou du moins ce qu’il en reste.

Crédibilité est le maitre mot que chacun s’évertue à gagner, tant pour les tenants du pouvoir que pour leurs opposants. Malheureusement, cette situation se déteint sur la vie de la Nation, sur son image, sur son fonds de commerce. A l’instar de la filière litchi qui a pris un sacré coup cette année avec de nouvelles difficultés de commercialisation. Les teneurs résiduelles en soufre sur les litchis de Madagascar se sont révélées pour beaucoup d’entre elles au dessus des teneurs maximales autorisées en résidus (LMR). Ainsi, le marché allemand, qui absorbe 30 à 40% des expéditions de litchis acheminés par bateau a fermé ses portes aux litchis malagasy. Une crédibilité qui fout le camp bien qu’évitable à souhait.

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