Le monopole à la poubelle ?

Les géants de Madagascar pourraient-ils supporter la concurrence ? On est là pour voir si tel est le cas. L’usine de la Nouvelle brasserie de Madagascar (NBM) à Ambatolampy a été officiellement inaugurée avec des propos assez inattendus de la part de ses dirigeants, notamment sur la fin du « monopole » dans leur secteur, et également la décision d’ouvrir 10 % de ses capitaux à des investisseurs malagasy. On l’a compris, pour éviter d’accoucher d’une souris, le Mauricien Phoenix Beer et le Belge Unibra, actionnaires de la société, n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère et se sont pliés en quatre pour arracher le consentement du pouvoir en place. Une grossesse de deux ans est des plus fatigants assurément.

La bière Skol sera donc la deuxième marque locale de bière avec la THB de la Star. C’est un moindre mal pour les consommateurs, quand on sait que dans les pays à forte tradition de bière, les variétés et les marques de bières foisonnent donnant une large liberté de consommation. Oktoberfest est une illustration parfaite sur cette grande diversité de produit, les allemands ne se contentant pas d’une seule marque de bière, ni d’une seule variété même, d’ailleurs les brasseurs se retrouvent dans pas mal de régions offrant chacun des caractéristiques qui maquent leur particularité et singularité. Vivement d’autres brasseurs qui s’embarquent dans ce secteur pour offrir d’autres saveurs, d’autres parfums. Une concurrence ne peut être que bénéfique pour les consommateurs, les producteurs étant obligés de donner de meilleures qualités de produits, de meilleurs prix. Le seul danger est qu’il y ait entente entre les deux pour les prix, alors là…
Dans la foulée on a vu aussi la « mise en ligne » de l’opérateur en téléphonie « Life » qui a eut également une grossesse difficile, mais qui se positionne progressivement, malgré des restrictions, dans le secteur. On est loin des combats de longue haleine que s’offre un producteur-distributeur de savons et dérivés malagasy contre un producteur-distributeur sis à l’ile Maurice. La concurrence peut faire souffrir les producteurs obligés de se redéfinir et se repositionner sur leur secteur de marché. Ca à au moins le mérite de faire sortir du petit train-train peinard quotidien pour offrir de nouveau produits, de meilleurs produits, de meilleurs prix. Un « rebranding » comme dirait Airtel.

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