Un pied de nez magistral

Un fait assez révélateur de l’atmosphère qui prévaut actuellement dans la Grande Ile est cet empressement à aller très vite, trop vite même, et contre vents et marées. Surement un de ces virus qui rend virulent les gens jusqu’à les pousser vers l’excès… de zèle à en être fatal. La CENI a dernièrement révélé un incident mortel du côté de Marovoay. Des gens, y ont en effet trouvé la mort, surprises par la crue, après avoir transporté des plis électoraux. Un nombre de victime qui ferait jubiler de joie tout numérologue malagasy qui se respecte : sept. Il n’y a plus lieu de polémiquer sur la pertinence de tenir les échéances électorales durant la saison des pluies, les faits sont là, quoiqu’il advienne, les élections n’auront pas de saison, basta.

A la veille d’une réunion d’experts pour échanger sur les réformes électorales en Afrique, du 29 au 30 novembre prochain à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour discuter de la préparation des rapports de pays sur la gouvernance en Afrique (AGR) III, l’Ile Rouge entre dans une phase incertaine sur l’éventualité d’une « suite favorable » des processus d’élection et du respect du chronogramme de ces consultations populaires. Un peu en apostrophe, le thème de cette réunion tournera autour d’ « Elections et gestion de la diversité en Afrique ».

Une diversité que bon nombre d’africains n’arrivent pas à accepter et à assimiler. « L’ethnicisme », le népotisme, bref le favoritisme en tout genre prône essentiellement au détriment de toute rationalité. Bien que la présence de quarante cinq pays soit attendue à cette troisième édition de l’AGR, « (…) les conflits et la violence continuent d’émailler une partie du processus, ce qui explique que certaines élections sont, dans certains cas, largement contestées » selon le coordonnateur de l’AGR, Said Adejumobi. La détention de Mamadou Tandja, jugé extrajudiciaire, au Niger par exemple, ne fait qu’aggraver les contestations. Même dans la Grande Ile, la controverse se manifeste au vu des résultats du référendum. Les analystes avaient ouvertement des à priori sur les résultats, et ils ne se sont pas trompés car au final le « oui » l’a emporté largement, un résultat prêtant le flanc aux critiques sur la bonne gestion de cette élection. Quoiqu’il en soit, les élections se sont tenues, les résultats sont là : 70% à 74% de « oui », que dire de plus ?

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