Et la caravane passa…

Les élections présidentielles en Afrique ont de ces particularités que les pays occidentaux, « modèles » de Démocratie, ont du mal à percevoir. A l’image du Rwanda et son président sortant Paul Kagamé qui a été réélu avec 93% des voix en aout dernier. A chacun sa démocratie en Afrique. Pour Kagamé, la démocratie est associée, indubitablement, la promotion à tout prix du développement économique de son pays et ce avec des méthodes tout à fait radicales.

La communauté internationale, elle, s’abstient de faire tout commentaire vis-à-vis de la « dictature » imposée par ce Président hors norme, surement par mauvaise conscience d’avoir permis les génocides en Rwanda. Il ne faut pas oublier qu’en 1994, pendant la guerre civile du Rwanda, les casques bleus de l’Onu avaient assisté les bras croisés, aux massacres perpétrés dans le pays par une ethnie sur une autre. Les arrestations d’opposants et de journalistes par le régime de Kagamé est devenu monnaie courante, sans parler des assassinats. Même en exil en Afrique du sud, l’ancien chef de l’armée le général Nyamwasa, tombé en disgrâce, a failli être victime d’assassinat. Une poigne de fer donc pour Kagamé.

Cette dernière décennie a vu des pays africains accéder à la stabilité politique au prix d’efforts colossaux ponctués de troubles cruels et meurtriers, comme ce fut les cas au Togo, au Kenya, au Zimbabwe, et bien d’autres encore. Quoiqu’il en soit, plusieurs Etats africains se démènent becs et ongles pour organiser des élections justes et crédibles. Le Niger entre dans le lot avec le référendum du 31 octobre dernier, leur Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’étant acquitté avec brio de sa mission, reste pour les nigériens de respect du verdict des urnes, une autre paire de manche.

Les échéances électorales de la Guinée et la Côte d’Ivoire ainsi que plusieurs autres pays africains, y compris Madagascar, qui se tiennent dans une même période ne sont surement pas fortuites. Quelque part un « maître d’école » subordonne ses « élèves » à rendre leurs copies au plus vite. Même le tombeur de feu Thomas Sankara, Blaise Compaoré se fait réélire ou plutôt se fait plébisciter dans une élection dont la tenue est très controversée hier. Le Burkina Faso qui est affublé également d’une pléiade de petits partis, 150 environs, qui ne pèsent pas lourds face au rouleau compresseur Blaise Campaoré. Des élections qui se sont fait sous la houlette d’une …CENI, décidément, l’acronyme plaît bien en Afrique, à moins que ça ne devienne obligatoire d’en avoir ?

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