Jamais deux sans trois…

La France, le pays des grèves va au devant d’une paralysie. Une paralysie agrémentée de guérilla urbaine, à l’instar des heurts entre jeunes et forces de l’ordre. Face aux multiples débordements, le chef de l’État français a lancé un appel à la retenue « Dans une démocratie, chacun peut s’exprimer, mais on doit le faire sans violence et sans débordement (…). Il faut faire très attention à l’arrivée d’un certain nombre de casseurs (…). » Au fur et à mesure que les journées de grève se prolongent, le mouvement se radicalise de plus en plus.

L’étrange sensation que la France soit en train de faire le siège de Sarkozy ne laisse pas indifférent. Assiégé, un bien grand mot, quoique presque adéquat face aux grands maux que subissent la population française. Il est bon tout de même de rappeler que les syndicats français ont déjà pu par deux fois, en 1995 et 2006, faire plier des gouvernements, alors…

La réforme des retraites fait grincer des dents, et voilà qu’une autre réforme, celle des gardes à vue se fait critiquer par l’Union européenne qui confirme que la France était en infraction avec les règles européennes, la Cour de cassation vient d’ouvrir une nouvelle brèche dans cette procédure policière coercitive très controversée.

Mais pour l’instant, les sondages montrent que le soutien à la mobilisation contre la réforme est très fort, une étude CSA, publiée lundi, indique un soutien de 71% des Français pour la mobilisation bien que la résistance des français soit durement mise à l’épreuve avec la pénurie d’essence, les blocages routiers, les violences et débordements des jeunes qui sont entrées dans la danse. Il est clair que le mouvement est en passe d’échapper au contrôle des syndicats au grand dam de la population.

Dans tous les cas, la loi sur la réforme des retraites qui a été adoptée par les députés, est en cours de traitement par le Sénat. Avec le flot d’amendements déposés par l’opposition, le vote traine en longueur. Le vote final n’aura lieu que vers le 26 ou 27 octobre. Le projet de loi devra ensuite être examiné par une commission mixte paritaire composée de députés et de sénateurs. Le cas échéant, la promulgation de la loi sera faite après son examen par le Conseil constitutionnel. Il est fort probable que celui-ci soit saisi par le Parti socialiste. Bref, encore un mois de galère en perspective pour l’héxagone.

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