« L’ethnisme » et « intérêts personnels » mis à l’index

Le président gabonais Ali Bongo vient de lancer un pavé dans la mare à l’occasion du premier anniversaire de son investiture. Un problème de fond qui mine l’ensemble des pays francophones principalement concernant « l’ethnisme » et les « intérêts personnels ». Il a fustigé son gouvernement de trop se verser dans les dérives de ces partis pris !

On ne sait si c’est dans un effort de communication positive ou la volonté d’accéder à un populisme mais il a aiguillonné son premier ministre en l’exhortant « de privilégier les critères rationnels notamment la compétence dans le choix de leurs collaborateurs. Mais je constate que ces choix sont souvent orientés vers le village, l’ethnie, le clan ou la province ». A lui de reconnaitre également que « (…) Toutes les grandes nations se sont construites en abattant les murs de l’ethnisme et de la race ».

Dans le contexte africain, l’efficacité de pareilles directives reste à prouver. On est loin de sortir de l’auberge, comment peut-on concevoir que celui qui a réussi à gravir les échelons pour arriver à de hautes fonctions au sein de l’Etat, faisant la fierté d’un village, d’une famille, voire d’une ethnie toute entière, fasse fi en un rien de temps son origine ?Difficile pourrait être la tâche de celui qui est arrivé à s’en sortir de s’abstenir de travailler par tous les moyens à promouvoir ses co-originaires, et par la force des choses à se préserver un vivier d’électorat le cas échéant.

Et pourtant, c’est un des maux qui rongent les pays africains surtout, cette « ethnisme » exacerbée. Difficile en tout cas de trouver la bonne personne qui soit à la bonne place, vu cette pratique du « piston ethnique » pour briguer un emploi dans la fonction publique.

Dans la Grande Ile, chaque corps de métier de la fonction publique livre son lot « d’ethnisme », que ce soit dans l’armée ou de la police, de la justice ou des finances, et bien d’autres encore. Ces temps derniers, cela rime même avec « népotisme », il n’est pas rare de voir toute une fratrie dans un même corps de métier, parents et enfants dans une même corporation, les recrutements donnant plus de priorité et crédit aux membres de la famille directe des employés, cet état de chose se retrouvant même dans le privé.

Mais à quoi bon s’en offusquer ? C’est surement un héritage du passé, un passé assez proche qu’on a en commun avec bon nombre de pays africains francophones toujours en mal de repère et qui se perdent dans les méandres du népotisme et de l’ethnisme à tour de bras.

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