Tout fout le camps…

Il n’y plus de morale. L’incident relaté dans plusieurs quotidiens et dans les journaux télévisés de la capitale concernant l’attaque d’un marchand de charbon à Anosibe, samedi, est édifiant! Aux dernières nouvelles, deux des présumés braqueurs et assassins ont été appréhendés par la police et le « fokonolona » lundi dans la nuit. Fait choquant, un des deux a été retenu par le fokonolona lors de … la veillée mortuaire du défunt charbonnier!
Après enquête, les deux brigands ont avoués leurs méfaits tout en affirmant que quatre autres des leurs étaient aussi présents lors de la veillée! Les malfrats sont venu narguer la famille du défunt, sans avoir aucun respect pour le mort et sa famille! Décidément, mis à part la velléité des brigands de tuer des gens pour des nèfles, ces derniers poussent le bouchon jusqu’à narguer tout le monde.
L’insécurité est devenu le lot de tout le monde, petits et grands, les cambriolages ont changés de forme et d’envergure, les cambrioleurs opérant en bande et sont armées jusqu’aux dents prêt à tuer à la moindre alerte.
Il est affligeant de de constater que la population se retrouve complètement démuni face à pareil agression, n’osant même plus se prêter main forte en cas d’attaque de peur de se faire tuer pour « rien », les malfaiteurs n’hésitant plus à tirer pour tuer à la moindre interposition.
Il est loin le temps ou l’on pouvait crier « hazo lava e! » pour que les voisins accourent et prêtent mains fortes. Les temps des « halatra akoho » ont bien changés, même les vols de bœufs sont devenu de plus en plus violent, de plus en plus insatiables.
D’aucun sait qu’il ne peut y avoir de développement sans sécurité, mais au fond tout le monde s’en fiche et se chacun se cloitre dans son petit cocon et « s’auto-sécurise », se bouchant les oreilles et fermant les yeux devant les exactions qui se perpètrent aux alentours. Triste sort pour les malagasy qui auparavant n’hésitaient pas à s’entraider, se protéger mutuellement, se réconfortaient et se respectaient. C’en est fini maintenant de ces salamalecs d’un autre temps, l’individualisme prenant le dessus, et la misère aidant, le « chacun pour soit … » est devenu le maxime qui gère la vie de chacun.
Alors parler de « Fihavanana » dans pareil contexte semble bien désuet et vide de sens, le quotidien rattrape au galop, ce quotidien du chacun pour soit pour sa propre sécurité…

Publicités