Des « puits » qui ne payent pas de mine

Des pluies de projets miniers en début d’extraction ou en phase de confirmation, la Grande Ile en a des masses. Allant du pétrole à l’ilménite, en passant par le fer, l’uranium et autres pierres précieuses, sans parler des métaux précieux comme l’or, Madagascar est réellement riche en produits miniers. Pas étonnant que tant de monde se bousculent au portillon pour accéder aux rênes de ce pays en ce début du troisième millénaire. Il s’avère que toutes les prospections entreprises depuis une vingtaine d’années sont près de porter leurs fruits d’ici peu.
Reste à savoir si l’Ile Rouge va tomber dans la spirale qui a entrainé tant de pays d’Afrique, affolés par les mannes inespérées des produits miniers. Bon nombre de pays à fort potentiel sont en effet tombés dans le piège de la mauvaise gestion de la répartition des résultats des exploitations de leurs ressources. Les régions d’où sortent ces produits ne jouissant que très rarement des ristournes de ces extractions, comme le cas des touaregs, qui a été mis au-devant de la scène, au Niger qui voient « leurs  uranium » filer sous leurs nez sans rien apporter en retour pour le développement de leur localité et de leur communauté.
Les impacts environnementaux des extractions minières dans les pays en voie de développement sont connus, les petites localités, les communes se coltinent les lavaka et autres trous béants issues des extractions, qu’elles soient régulières ou sauvages, comme la plupart des cas à Madagascar, sans compter les résidus de produits toxiques laissés par les exploitants miniers sur les sols ou dans les lits des rivières.
Au fond, les natifs des régions ou des localités d’extraction n’ont que leurs yeux pour pleurer au vu des va et vient des exploitants et des produits qui filent à l’anglaise sans qu’ils sachent réellement ce qu’il en est, ni combien ça coute. On est plutôt dubitatif sur les possibles retombées positives au bénéfice des populations autochtones. Autant les promesses de valorisation de la population ont été mirobolants lors des prospections, autant les déceptions sont légions au fur et à mesure des avancées de travaux.
Il est clair que les entreprises étrangères sont là pour faire de l’argent, et elles veulent être immédiatement opérationnelles sans perdre du temps à former du personnel. Le recours aux personnels expatriés ou venant d’autres localités, déjà qualifiés et ayant de l’expérience à revendre coule de source. Quelque part « le temps c’est de l’argent » défavorise les populations autochtones rarement préparées à faire face à des besoins qualitatifs pointus.

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