La main sur le buzzer

Madagascar est en passe de tourner le dos à bon nombre de choses, abandonner des pratiques quasi-séculaires, en épouser de nouvelles, un peu à contre-pieds de ce que les observateurs extérieurs attendaient, mais qui, cahin-caha passent quand même, bien que ne respectant pas un calendrier bien défini. Ainsi, la décision du régime transitoire de convoquer les électeurs aux urnes le 20 décembre prochain pour les communales est des plus marquants dans ces soubresauts de lucidité, quoique prenant tout le monde au dépourvu. Au moins ces consultations auront le mérite de jouer tel un sas pour laisser apparaitre les « vrais » parti politique qui on réellement de l’audience.

Au chapitre des mairies, le rétablissement du « zoma » envisagé par la CUA est des plus louables mais sera surement en butte avec des éléments dont elle n’a jamais pu avoir l’ascendant jusqu’à maintenant, les marchands de rues qui resteront une épine sous le pied pour l’équipe de la commune d’Antananarivo actuelle. D’ailleurs Edgar Razafindravahy, Président de la Délégation Spéciale d’Antananarivo, de souligner que tant que ces derniers ne seront pas éradiqués ou recasés, il lui serait difficile de réaliser ce projet.

Ce sera encore un nouveau chamboulement dans le paysage urbain de la capitale qui est loin d’être mirobolant. Les bouchons à toutes heures de la journée dans les quartiers à grande fréquentation vont surement aller en s’empirant et aboutir à un capharnaüm des plus indescriptibles. Il vaut mieux ne pas parler des saletés qui sont hélas devenus le lot d’Analakely et de ses environs, car malgré l’existence des toilettes publics (encore en-deçà du raisonnable) ici et là, les gens continuent de se soulager tout le long de l’avenue de l’Indépendance sans scrupule aucun. Chose la plus surprenante, en général ce sont ceux qui y « travaillent » qui polluent le plus cet avenue : les vendeurs et autres démarcheurs, princes de l’informels.

Dans tous les cas, le dernier trimestre de cette année 2010 s’avère être un trimestre charnière pour le pays. Des rendez-vous avec les urnes à faire dans un délai relativement cours, un défi organisationnel à relever, un temps minimal (si ce n’est amoindri) de réflexion pour l’électeur. Un peu comme ces jeux télévisés, les participants les mains sur les buzzers, à l’affut de la question qu’avancerait le maitre de jeu.

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