Areva, le buzz du nucléaire

L’enlèvement de cinq Français, un Togolais et un Malgache, pour l’essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom, dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord minier du Niger, dans la région d’Arlit à 1.000 kilomètres au nord-est de Niamey est en train de créer un buzz sur le net. L’absence de revendication laissant perplexe les autorités françaises sur l’identité des ravisseurs et la suite à donner à cet enlèvement. Ce rapt intervient moins de deux mois après l’exécution, le 22 juillet dernier de l’ingénieur français à la retraite Michel Germaneau, retenu en otage depuis le 20 avril 2010 dans le nord du Niger, par une cellule d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).Le groupe nucléaire français Areva exploite deux mines d’uranium dans le nord du Niger et emploie 2 500 personnes au Niger, dont 50 expatriés, pour l’essentiel des Français.

Depuis le coup d’état « constitutionnel » du président Mamadou Tandja, le 4 août2009, suivie de grandes manifestations et contestations, le Niger a changé sa face du tout au tout. Pas étonnant que le 18 février 2010, un coup d’État ait placé le président en état d’arrestation et qu’un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) y soit mis en place, sous la présidence de Salou Djibo, chef d’escadron de l’armée nigérienne et Mahamadou Danda comme Premier ministre.

C’est dire qu’Areva n’est plus tellement en position de force face à la concurrence chinoise, de plus en plus pressante et particulièrement active dans l’uranium. Quand on sait que les chinois n’ont pas leurs pareils pour arriver à leurs fins en Afrique, tout évènement tournant autour des gisements « AREVA » est lourd de sens. D’autant qu’avec les actions des associations touareg et les ONG contre le groupe français AREVA, la porte est ouverte à une nouvelle redistribution des donnes. Les touaregs, qui réclament une répartition plus juste des revenus du secteur minier au Niger ne seront pas étrangers à ce coup. Le groupe français est régulièrement poursuivi en justice par des associations touareg et des ONG qui l’accusent d’atteintes à l’environnement et aux conditions de vie des populations locales. Quelque part, le retour du VRP de service d’’AREVA au Niger s’imposera de lui-même pour sauver son super contrat négocié en mars 2009. Moult supputations peuvent pointer leurs nez en l’absence de revendication sur cet enlèvement, il est fort à parier que la diplomatie française mettra le paquet pour un dénouement favorable, pressée de préserver ses intérêts en terre africaine.

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