Election à tout prix contre stabilité : un troc à l’africaine

Voilà le Rwanda qui commence à retrouver un semblant de stabilité avec le président rwandais Paul Kagamé, qui a prêté serment pour un second mandat de sept ans. Une réélection sur un score qui prêterait à sourire de 93% des voix. Mais au moins il a eu le mérite d’avoir stabilisé le Rwanda déployant un effort de reconstruction pour un retour à la paix. Avec quelques couacs quand même : une stabilité bafouant la liberté d’expression, notamment celle de la presse.

Pourtant, Paul Kagamé s’insurge contre les puissances étrangères, les pays donateurs, Les gouvernements et les ONG occidentaux, qui continuent de faire pression sur son pays. Déjà qu’un projet de rapport de l’Onu sur l’armée rwandaise est en cours la fustigeant sur une éventualité de culpabilité de génocide dans la République démocratique du Congo (RDC) durant les années 1990. Des évènements que le Rwanda trainera à jamais comme des boulets rouges.

Sans commune mesure, la poursuite du trafic illicite de « bois de rose » stigmatisera pour des siècles la vie de la Grande Ile, malgré les interdictions et avertissements, 274 containers de bois de rose d’une valeur de 23,6 milliards d’ariary viennent encore de quitter le port de Vohémar au début de ce mois. Ce n’est même plus la peine d’enquêter sur l’éventuelle destination de ces cargaisons : La Chine en sera, à coup sur le principal récipiendaire. Quand aux expéditeurs, autant arrêter de leurs chercher des poux, ils auront toujours leurs saufs conduits tels des droits de cuissage en quelques sortes. Ce ne sera pas demain la veille qu’ils seront inquiétés pour leurs « commerces ».

Tout ça n’est sans rappeler les paroles d’une des chansons de feu Raoul du groupe Mahaleo « (…) dia ahondrany avokoa, sokatra sy vatosoa(…) dia lazainy fa kirizy nefa ny azy ny devizy efa feno ny valizy (…) »( ils exportent tout, les tortues et les pierres précieuses, …,et ils laissent croire que c’est la crise et pourtant leurs valises sont pleines de devises étrangères…) une chanson qui datait d’une autre période mais qui est plus que d’actualité. Des paroles qui pourraient laisser sceptique sur un éventuel dénouement heureuse sur les ramdams médiatiques contres les trafics qui sévissent dans l’ile. Autant rester stoïque et laisser venir, car à quoi bon ? Depuis que Madagascar est devenu une république, le peuple n’a jamais pu jouir de ses ressources naturelles, il n’a fait qu’assister, impuissant, à la destruction rapide et inexorable de sa faune et de sa flore.

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