MOP, la POMme de la discorde ?

Depuis le temps que la presse écrite, relayée par celle en ligne, crie aux loups, les tenants du pouvoir daignent enfin les écouter et faire un tant soit peu de réaction endiguer l’insécurité quotidienne qui gagne de plus en plus de force dans la Grande Ile. Un peu triste mais les faits sont là : les attaques de domiciles et autres braquages ont changés de formes et de victimes. De simples effractions auparavant, ces évènements ont montés en puissance pour se muer en attaques à main armée, avec des armes lourdes la plupart du temps. Même les militaires ne sont plus épargnés, les hauts gradés de l’armée ayant été victimes d’assaut à leurs domiciles, voire même dans les cantonnements militaires, à l’instar de ce qui s’est passé à l’académie militaire d’Antsirabe. Des évènements qui sèment le doute sur la netteté des militaires, car qui plus que les militaires pourraient bien connaitre ce qu’il y a chez eux, les risques et les esquives à faire pour ne pas être pris ?

C’était sûrement difficile à croire mais les têtes pensantes aux pouvoir ont fini par comprendre et se rendre à l’évidence : il vaut mieux fermer la brèche avec l’emploi d’une main d’œuvre bon marché, si ce n’est gratuite, issue des prisons. Le pouvoir en place a finalement pris la décision d’annuler la main d’œuvre pénale ou MOP, car à la clé, cela n’apporte rien de bon. En fait, le MOP n’est rien d’autre que de la main d’œuvre bon marché constituée de prisonniers triés sur le volet. Il n’est pas sorcier de conclure que des taulards en semi-liberté, par les temps qui courent peuvent être impliqués facilement dans les multiples attaques et braquages incessants perpétrés dans toute l’ile. Et dire que ces gens sont considérés comme une aubaine pour ceux qui les emploient, tout autant que pour les bandes de malfrats qui louent leurs services !

Au comble du désespoir ou par dérision, on ne sait trop, le peuple est totalement à bout, poussant l’extrême jusqu’à être suspicieux envers toute personne étrangère à leur circonscription, à leur communauté. Le policier du GIR de Fianarantsoa en déplacement à Manakara a failli en faire les frais : accusé d’être un malfaiteur il fut trainé en justice. Bientôt, faire du tourisme dans son propre pays s’avèrerait être dangereux pour les jours à venir avec la suspicion maladive qui plane dans la population autochtone, là où l’on pourrait être tenté de visiter.

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