Donnez-nous notre … riz de ce jour

Le « pater noster » mentionne bien « donnez-nous notre pain de ce jour(…) », qui pour les peuples qui mangent du riz revient à dire « donnez-nous notre riz de ce jour ». Le quotidien des malagasy tourne bien autour du riz depuis toujours, et une journée sans le plat de riz est assurément une journée de misère. Il y a quelques mois, une délégation de commerçants pakistanais s’est dépêchée dans les « murs » malagasy pour s’enquérir des besoins en riz de la Grande Ile et proposer leurs offres afin d’approvisionner l’ile.

Mais avec la grande catastrophe qui a ravagée le Pakistan, le doute s’installe sur la capacité de ce pays à pouvoir honorer les futures commandes de l’ile Rouge. La mondialisation a quelque chose de bon, les informations circulent à une vitesse quasi instantanée pour donner des données approchant du réel à quelques détails près. Les inondations, qui ont frappé le Pakistan ces dernières semaines ont été relayées dans les médias du monde entier, montrant les souffrances de millions de personnes, l’étendue de la tragédie influera sur les perspectives macroéconomiques du pays. Un grand défi économique attend le peuple et le gouvernement du Pakistan pour colmater les brèches. Il est sur qu’une révision de sa politique économique s’imposera d’elle-même. On a pu voir sur les flashes infos télévisés que le Pakistan a basculé dans un scénario de pays assisté par des aides humanitaires côté approvisionnement, pour cette saison en tout cas toute exportation de riz leur sera proscrit de facto.

Le Pakistan a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 10 milliards de dollars sur 23 mois, destiné à lutter contre les effets de la crise économique mondiale dans le pays. Le Pakistan a déjà touché 95% de ce prêt, soit 7,27 milliards de dollars. Et voilà que le FMI, dans un élan de « générosité » ( ?) s’est déclaré prêt à aider le Pakistan une fois encore, il y en a qui ne perdent pas le nord dans ces contextes de disettes assurées pour ce pays sinistré !

Il est vrai que les dommages économiques causés par les inondations se chiffrent au moins à 43 milliards de dollars, selon le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi. Un bilan catastrophique qui peu dépasser l’entendement ramené au niveau de la Grande Ile. Quoiqu’il en soit, les importateurs de riz à Madagascar auront à réviser leurs tablettes et changer leur fusil d’épaule pour trouver d’autres créneaux d’approvisionnement illico presto.

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