Donner le change ou changer ?

On est en droit de se demander si les trafiquants sont en train de varier ou diversifier le trafic de bois de rose ou serait-ce juste un coup de bol avec les deux statuettes de bois de rose ainsi que des baguettes saisies la semaine dernière par les douaniers partant sur un vol à destination de l’île Maurice. A l’instar des trafiquants de drogues qui arrivent à décliner leurs produits sous une multitude de formes et de déclinaisons pour échapper à tout contrôle. Mais il vaut mieux ne pas trop surestimer les capacités d’innovation des trafiquants de bois précieux, ce serait trop leur donner de l’importance, quoique par les temps qui courent…

D’autant que le remplacement de la Task force, qui fut chargée d’éradiquer les trafics de bois de rose par une Brigade mixte forestière, met du temps à porter ses fruits, les coupes de bois ne cessant de se perpétrer. Sans pousser le bouchon jusqu’à dire que les forets de Madagascar sont à l’agonie, il est plus qu’évident que sans mesure radicale, tout ce patrimoine va partir « en miette ». Depuis le temps que les feuilles de choux et les journaux en ligne ont ânonnés des noms de responsables de trafics, les têtes prennent du temps pour tomber !

Encore que, côté justice, avec les magistrats qui menacent de bloquer la machine judiciaire au cas où leurs revendications ne sont pas prises en compte, on ne pourrait plus être surpris si la machine grippe dans les rangs des magistrats. Le président du Syndicat des Magistrats de Madagascar Marius Arnaud Auguste dans ses interventions semblait être bien décidé à faire virer son cuti au gouvernement pour obtenir gain de cause.

Crise ou pas crise, en tout cas le recadrage budgétaire de l’Etat a été de nouveau discuté lors du conseil de gouvernement dirigé par le premier ministre Camille Vital. Les dessins du Syndicat des Magistrats de Madagascar n’auront pas du mal à passer. Peut-être qu’en se référant aux explications fournies par le ministre des affaires étrangères Hyppolite Ramaroson au sujet des hauts salaires des agents travaillant au niveau des ambassades de Madagascar à l’extérieur, un rééquilibrage des plus facétieux se fera sur la base des fluctuations de l’ariary. L’épargne sur ces micmacs pourrait-elle jouer un effet de vase communiquant pour renflouer « ailleurs » ? Cela reste à prouver, mais en tout cas, les efforts des commis de l’Etat pour rééquilibrer leurs rétributions et attributions semblent porter petit à petit leurs fruits pour revaloriser leurs corps de métiers. Bientôt la bonne personne à la bonne place ?

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