Vindicte populaire, une pratique d’un autre âge

Vindicte populaire tout simplement ! Inconcevable dans un état de droit, mais à Madagascar, le doute plane actuellement avec les faits qui se passent aux quatre coins de l’ile. Une fois encore, quelque part à Antsohihy, la population s’est fait justice en « exécutant » froidement deux malfaiteurs. Le plus ahurissant est que l’un d’eux était déjà aux mains des autorités, ou du moins sous la garde de policiers dans leurs locaux.

Quand la population ne fait plus confiance en l’impartialité et à l’efficience de la justice et de l’autorité pour passer à l’extrême et se faire justice elle-même, c’est qu’il y péril en la demeure ! Qu’une centaine d’hommes s’arment de sagaies et de couteaux, revenant à plusieurs siècles en arrière, pour « extirper » un homme détenu par des policiers et le tuer par la suite, sans qu’on puisse empêcher ça ! C’est tout simplement de l’impuissance.

Associé à l’absence réelle de volonté pour sévir contre les trafics en tout genre qui sont légions dans la grande ile, sans parler des falsifications, arnaques et fraudes qui se ramassent à la pelle, les perpétuels vols de bœufs, les attaques à mains armées incessantes, les trafics d’armes qui se font jour, la population commencent à comprendre que les malfaiteurs se gaussent des gesticulations des hommes en uniforme et qu’elle ne peut espérer grand-chose des représentant de la loi. L’instinct de conservation, plus fort que tout, reprend le dessus pour réveiller les reflexes primaires : « tuer pour ne pas être tué », carrément bestiale.

L’autodéfense pousse les gens à s’armer à l’ancienne, avec des couteaux et des sagaies, faute d’autres moyens. Les communautés se replient sur eux même pour se défendre contre toute agression extérieure, osant braver l’autorité, qui n’est plus compétente que de nom, pour former des expéditions punitives. Tout simplement primitif mais qui assure la survie en ces temps troubles.

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