Allons enfants…

Difficile de ne pas en parler. Les troupes des anciennes colonies françaises de l’Afrique ont paradé mercredi lors du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, sous la pluie ! 13 nations africaines, hormis la Côte d’Ivoire, ont battu le pavé des Champs Elysées. 13 un chiffre qui risque fort de faire de l’ombre au président Sarkozy, tant l’invitation faite aux nations africaines à ce défilé a soulevée une polémique en France.

Ainsi, le président Sarkozy a écrit « C’est le lien du sang que nous célébrons, le lien né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France ». « Des milliers de soldats venus d’Afrique sont morts pour la France lors des deux guerres mondiales ». Il aurait fallu 50 ans pour s’en rendre compte, 50 ans pour que les pensions militaires françaises versées à des Africains ayant combattu dans les armées françaises soient alignées sur celle des Français, 50 ans pour mettre fin à une injustice.

La presse française a tout de même relayée les critiques acerbes d’ONG, telle la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), Survie, dénonçant la possible présence de « criminels » dans les contingents africains du défilé… Certaines presses avancent même le chiffre de 80 ONG qui ont critiqué l’accueil fait aux « dictateurs » de pays comme le Tchad, le Togo, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, le Burkina Faso, Djibouti ou le Cameroun.

Même le Parti socialiste a regretté lui aussi l’ambiguïté du choix d’un défilé militaire pour cette célébration. La « Françafrique », la diplomatie d’influence française sur le continent africain faite d’intermédiaires au service d’intérêts économiques, est plus que jamais d’actualité. Selon Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur de France au Sénégal, c’est le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui piloterait la politique africaine et des réseaux officieux continuent de régner à l’Elysée. Des réseaux de lobbying qui font valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises.

Quoique, au final, comme pour s’amender, le président a contre-attaqué en soulignant « l’injustice et les erreurs » de la période coloniale et pesant sur la « force des liens » qui unissent la France et ses anciennes colonies africaines. Amendement honorable avec les « aides au développement », tel l’enveloppe de 180 millions d’euros pour la formation d’au moins 50.000 jeunes africains par an. Qui peut dire mieux ?

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